Marche des fiertés : un départ en Seine-Saint-Denis pour y “gagner en visibilité” – Europe 1

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REPORTAGE

C’est une première pour la marche des fiertés : pour la première fois depuis 1977, la manifestation du mouvement LGBT a lieu en banlieue, samedi, et non à Paris. Elle partira de Pantin, en Seine-Saint-Denis : un département où il reste difficile de lutter contre les discriminations homophobes.

En effet, en 2020, les infractions commises en raison de l’orientation sexuelle des victimes ont baissé partout en petite couronne, sauf en Seine-Saint-Denis. L’association Flag, qui regroupe les personnels LGBT des ministères de l’Intérieur et de la Justice, a lancé une application pour signaler les violences, et un partenariat a été signé avec le 93.

Régression dans la tolérance générale envers les minorités sexuelles

Est-il plus compliqué d’afficher son orientation sexuelle en banlieue ? “Je le vis assez bien”, témoigne Henry, au micro d’Europe 1. N’ayant jamais subi de discriminations, ce dernier se dit chanceux. Mais l’égalité n’est pas gagnée. “Il y a eu une Gay Pride à Saint-Denis il y a deux ans, ce sont des initiatives comme ça qui font qu’on gagne en visibilité”. 

Hors micro, d’autres gays confient leurs craintes, notamment du voisinage. Pour Romain, assumer son homosexualité en banlieue reste compliqué. “Je vois très bien que le regard des autres n’est pas le même qu’en ville”, exprime-t-il, évoquant une régression dans la tolérance générale envers les minorités sexuelles. “Toute cette vague d’agressions il y a quelques mois, ça s’enchaine beaucoup plus vite j’ai l’impression.”

“Elles subissent mais ne vont pas déposer plainte” 

Si les violences qui perdurent, peu osent en parler. Depuis un an, il est possible de signaler les actes homophobes via une application lancée par l’association Flag, qui regroupe les personnels LGBT des ministères de l’Intérieur et de la Justice. Son président, Johan Cavirot, explique que sur les 2.000 signalements, seulement 36 l’ont été en Seine Saint Denis. “Je suis persuadé qu’il y a plus que 36 cas d’homophobies”, déclare-t-il à Europe 1. “Dans ces territoires-là, il y a en plus la peur finalement d’aller au contact du policier, du gendarme”, déplore Johan Chavirot, évoquant des victimes invisibles. “Elles subissent, certainement, mais elles ne vont pas déposer plaintes”. 

Le président de l’association Flag insiste donc sur le rôle des témoins d’actes homophobes, quand les victimes ne sont pas prêtes à franchir le pas.

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