« Marcelo », l’antithèse de Trump, brigue un second mandat à la tête du Portugal – Le Monde

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Publié aujourd’hui à 05h00, mis à jour à 11h20

Là où certains politiques se font un nom, lui s’est fait un prénom : Marcelo. Il suffit d’ailleurs de taper ces quelques lettres sur Internet pour qu’aussitôt les images défilent. Ici, le président en short, faisant la queue au supermarché avec un masque sur le visage. Là, en blouse blanche, racontant des histoires à des enfants hospitalisés. Et, là encore, en maillot de bain sur une plage publique (les exemples ne manquent pas, l’intéressé ayant la réputation de se prêter volontiers aux selfies, quitte à faire attendre les officiels).

Pour tout le monde donc, le président de la République portugaise, c’est simplement « Marcelo », comme si le cercle de ses intimes s’étendait à ses 10 millions de compatriotes. Au point qu’amis ou adversaires, électeurs de base ou membres de l’élite, ses concitoyens le désignent rarement par son patronyme, Rebelo de Sousa – y compris dans les journaux.

« Raconter l’histoire de Marcelo Rebelo de Sousa, c’est raconter l’histoire du Portugal depuis plusieurs décennies », observe l’un de ses biographes, Vitor Matos

Il est vrai qu’à 72 ans, Marcelo – appelons-le donc ainsi – fait partie du paysage politique depuis plus de cinquante ans. L’élection présidentielle du 24 janvier, où il concourt pour un second mandat, juste au moment où son pays prend la présidence de l’Union européenne, n’est qu’un épisode de cette longue traversée. « Raconter son histoire, c’est raconter l’histoire du Portugal depuis plusieurs décennies », observe Vitor Matos, l’un de ses biographes (A Esfera dos livros, non traduit, 2012).

Plus de 50 points d’avance

Mais la longévité n’explique pas tout. C’est surtout la personnalité hors norme de Marcelo qui justifie cette familiarité. Brillant, cultivé (il peut parler de littérature française avec verve), plein d’humour et capable d’une grande empathie, le président est une sorte d’anti-Trump. Là où l’Américain cumulait incompétence et froideur émotionnelle, le Portugais s’est distingué par une parfaite connaissance des affaires du pays, doublée d’une simplicité qui touche les électeurs.

Les sondages, d’ailleurs, accordent régulièrement plus de 60 % des voix à ce candidat de centre droit élu en 2016. Soit plus de 50 points d’avance sur le jeune André Ventura, héraut d’une extrême droite qui se présente pour la première fois à la présidentielle depuis l’avènement de la démocratie, en 1974. D’après de récentes enquêtes d’opinion, ce dernier pourrait lui-même battre d’un point Ana Gomes, une socialiste privée de l’investiture de son parti. Il est vrai qu’au Portugal, la plupart des présidents réussissent à être élus deux fois et cela, dès le premier tour. Mais combien s’en sont tirés avec une campagne électorale réduite à presque rien ?

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