En ce 17e week-end de mobilisation des gilets jaunes, tout ne s’est pas déroulé comme à l’accoutumée à Orléans. En effet, ce samedi 9 mars, le rassemblement a commencé par des échanges entre les représentants des gilets jaunes et ceux des gilets roses, portées par des assistantes maternelles du département. 

“La couche est pleine”

Elles étaient environ 25 à être venues manifester. C’est seulement la deuxième fois que cette corporation se mobilise. Un premier défilé a eu lieu le 2 février à Orléans. Une vingtaine “d’ass-mat” avaient alors défilé “seules”.

Elles protestent contre la réforme du “cumul emploi-chômage en cas d’activité réduite”. Stéphanie, leur porte-parole, explique :

“En tant qu’assistante maternelle, on peut perdre un contrat du jour au lendemain. Aujourd’hui, cette perte est compensée ; si cette réforme passe, elle le sera nettement moins. Cela ajoute de la précarité à notre métier.”

“Tous les parents sont concernés”, constatent ces professionnelles de la petite enfance tout en s’étonnant que le mouvement ne prenne pas davantage d’ampleur. “Peut-être faut-il que des parents et des enfants viennent manifester à nos côtés ?”, s’interrogent certaines. “La couche est pleine” lit-on, entre autres, sur leurs t-shirts. 

Des t-shirts qui se trouvaient donc, en tête du cortège, car les gilets roses ont accepté, après quelques pourparlers, d’être rejoints par les gilets jaunes. Et Stéphanie de commenter :

“Nous avons négocié que ce soit notre mouvement en tête. Nous sommes solidaires des gilets jaunes, mais la réforme qui nous mobilise aujourd’hui ne concerne pas tous les métiers.

Les gilets roses ont essayé de se faire entendre.

“On ne peut pas s’arrêter”

Du côté des gilets jaunes, ils étaient une petite centaine à être partis de Place d’Arc à 15 heures. “Il faut une convergence”, estimait un des manifestants au sujet du regroupement des manifestants en jaune et rose.

Dans ce cortège, se trouvaient Laure et sa maman Jocelyne. En ce samedi, elles marchaient pour la quatrième fois côte à côte. Pour la mère de famille, descendre dans la rue signifie qu’elle ne veut plus “que l’on prenne des décisions à (sa) place”. Elle dit se battre “pour sa future retraite et pour le futur travail de sa fille”. Cette manifestante de Marcilly-en-Villette ne veut pas parler d’essoufflement du mouvement :

“On ne peut pas s’arrêter. Renoncer, c’est renoncer à notre avenir et à celui de nos enfants”.

Contrairement à certains Orléanais, la mère et sa fille ne sont jamais montées à Paris, ces dernières semaines, pour manifester. Par peur des violences ?

“Par crainte des violences policières oui ! Et aussi parce que le déplacement coûte cher“. 

Les gilets jaunes étaient une petite centaine ce samedi 9 mars dans les rues d’Orléans.

Le défilé orléanais, qui passait notamment par la rue de la République, la place De-Gaulle et la rue Jeanne-d’Arc, s’est déroulé sans incidents.

Blandine Lamorisse