Malgré les obstacles, le déploiement de la 5G enregistre des débuts prometteurs

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Malgré les obstacles, le déploiement de la 5G enregistre des débuts prometteurs

Si la 4G avait connu bien des difficultés de déploiement lors de son lancement fin 2011, cela ne semble pas être le cas de la 5G. Comme le rapportait l’ANFR en fin de semaine dernière, 18 039 sites 5G sont aujourd’hui autorisés en métropole, dont 3 589 dans la bande des 3,5 GHz, la “bande reine” de la nouvelle génération de technologie mobile, dont les fréquences ont été attribuées à l’automne par l’Arcep.

Ce déploiement au pas de charge doit bien sûr beaucoup aux caractéristiques techniques de la 5G, dont les équipements dédiés peuvent se greffer aux sites mobiles existants. Mais cette bascule facilitée par rapport à celle qu’ont connu les opérateurs lors du passage de la 3G à la 4G ne fait pas tout. L’ANFR relève en effet que si 3 589 sites 5G sont désormais “allumés” sur la bande des 3,5 GHz, ils se chiffrent à 5 526 dans la bande des 2,1 GHz et à 12 894 dans la bande des 700 MHz, deux bandes de fréquences dites “basses” et “moyennes”, qu’exploitent déjà les opérateurs pour leurs réseaux 3G et 4G.

 

Source : ANFR.

Si Free semble avoir une énorme avance sur ses concurrents en termes de sites 5G autorisés, la réalité se révèle bien plus nuancée pour l’opérateur de Xavier Niel. La raison : une très grande partie de son réseau 5G s’appuie pour l’heure sur la bande des 700 MHz. Or, comme le rappelle l’Arcep, cette bande, libérée en 2019 au profit des opérateurs (et de Free en particulier), ne garantit pas la montée en débit tant attendue, car elle est principalement axée sur la couverture du territoire (avec un périmètre de couverture estimé à 5 km, contre 1 km pour la bande des 3,5 GHz).

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Des avancées en trompe-l’œil

Reste que les réseaux 5G des opérateurs continuent à s’étoffer, même s’ils font toujours la part belle à une 5G non-autonome majoritairement soutenue par des fréquences déjà utilisées par les opérateurs pour leurs réseaux 3G et 4G. Alors que Bouygues Telecom comptait environ 1 300 sites 5G sur le territoire à la mi-décembre, son réseau de nouvelle génération s’appuie désormais sur 3 715 sites compatibles (dont 821 sur la bande des 3,5 GHz, spécialement dédiée à la 5G).

De son côté, Orange a pris de l’avance sur la bande reine de la 5G avec 1 309 sites autorisés sur cette bande des 3,5 GHz (et 728 sur la bande des 2,1 GHz), pour un total de 1 953 sites 5G au 7 janvier dernier. Enfin, SFR compte pour sa part 2 048 sites 5G autorisés par le gendarme des fréquences, dont 775 sur la bande des 3,5 GHz.

Au total, les opérateurs comptent 18 039 sites 5G autorisés sur le territoire métropolitain, dont 12 894 sur la bande des 700 MHz, 5 981 sur la bande des 2,1 GHz et 3 846 sur la bande des 3,5 GHz. Pour la 5G autonome, seule à même de tenir les promesses de la nouvelle génération de technologie mobile, il faudra donc encore s’armer de patience afin de profiter de performances dignes de ce nom. D’autant que, si les fréquences de la bande des 3,5 GHz viennent d’être attribuées, ce n’est pas le cas des fréquences des 26 GHz, dites “millimétriques”, qui mettent vraiment l’accent sur la puissance, au prix d’une portée limitée – à environ 500 mètres en moyenne.

D’autant que de nouveaux éléments pourraient encore entraver la bonne marche des opérateurs. Comme le dénonçait ce dimanche le PDG d’Orange, Stéphane Richard, dans les colonnes du JDD, « la 5G est devenue, au printemps 2019, un thème de campagne pour les élections municipales, ce qui n’a pas facilité les choses, au contraire ». La nouvelle génération de technologie mobile suscite en effet l’opposition d’une partie de la gauche, qui multiplie au niveau local les recours pour empêcher son déploiement dans l’attente d’un rapport attendu de l’Anses pour faire toute la lumière sur son impact sur la santé et sur l’environnement.

Un obstacle politique ?

Si le dirigeant d’Orange reconnaît que les opérateurs « ne sont pas vraiment en avance dans le déploiement de cette technologie », il pointe du doigt la politisation d’un sujet mis sur le devant de la scène et qui fait aujourd’hui l’objet de nombreuses théories souvent fantaisistes. Résultat des courses : « la France part avec près d’un an et demi de retard dans le déploiement de la 5G. Il est difficile de savoir aujourd’hui si elle le rattrapera », regrette le patron d’Orange.

Et de dénoncer une culture du soupçon nuisible à l’attractivité du pays. « La technologie de la 5G est bien meilleure du point de vue de l’empreinte environnementale que la 4G. Elle est dix fois plus efficace sur la consommation énergétique. Il faudrait être d’une particulière mauvaise foi pour ne pas reconnaître que le numérique est en lui-même porteur d’une solution, plutôt que créateur de problèmes », défend Stéphane Richard alors que nombre de collectivités tentent actuellement de ralentir le déploiement de la 5G dans l’attente d’un débat public sur le sujet.

A l’image de Paris, où la municipalité dirigée par Anne Hidalgo a décidé de lancer un “débat public” sur le sujet, tout en rejetant les demandes de ses alliés écologistes pour mettre en place un moratoire sur le déploiement de la nouvelle génération de technologie mobile.

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