Macron recadre Darmanin et Dupond-Moretti après la polémique sur le terme « ensauvagement » – Le Monde

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Un vrai recadrage. Alors que les ministres de l’intérieur et de la justice, Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti, ont affiché publiquement leurs divergences, récemment, sur l’emploi du terme « ensauvagement » pour qualifier l’insécurité, Emmanuel Macron a tapé du poing sur la table, mercredi 9 septembre, lors d’un séminaire gouvernemental, qui s’est tenu en visioconférence.

« Vous devez être des relais de terrain de l’action gouvernementale et ne pas créer des polémiques entre vous », a tonné le chef de l’Etat, en visant explicitement ses deux ministres. Avant d’enchaîner : « Il faut être un gouvernement à l’offensive pour la relance économique. L’actualité est déjà assez dense pour donner du grain à moudre à l’opposition. »

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Le chef de l’Etat a déploré que « le débat politique » de fond, ces derniers jours, se soit « perdu » dans de vaines controverses autour de l’emploi de ce terme. A ses yeux, la communication du gouvernement, en cette rentrée, aurait dû rester focalisée sur deux thèmes principaux : la lutte contre le coronavirus et le plan de relance de l’économie. Et non être brouillée par un débat sémantique, qui sature l’espace politico-médiatique.

D’après une source gouvernementale, Emmanuel Macron aurait été particulièrement agacé de constater que sa prise de parole à Clermont-Ferrand, la veille, sur l’égalité des chances, n’a pas eu l’impact escompté.

Lors de ce déplacement, le chef de l’Etat s’était déjà montré agacé par des questions sur la controverse, qui divise son propre camp. Se refusant à commenter l’emploi du mot « ensauvagement », il avait critiqué la presse pour avoir « fait le Kama-sutra de l’ensauvagement depuis quinze jours ». « J’ai déjà répondu dix fois à ce truc-là. Ce qui m’importe, ce sont les actes, pas les mots (…). Prévenir, arrêter, sanctionner, corriger et donc répondre à la réalité », avait rétorqué le chef de l’Etat, interrogé par des journalistes. Ce débat, « les gens, ils n’en ont rien à faire. Ils veulent qu’on règle leurs problèmes », avait-il tranché.

Eteindre la polémique

Le 1er septembre, le premier ministre, Jean Castex, avait déjà tenté d’éteindre la polémique, en appelant à « fermer le ban ». Mais cela n’a pas empêché M. Darmanin de répéter à plusieurs reprises ce terme largement utilisé par l’extrême droite. Les propos de l’ancien maire de Tourcoing (Nord), qui revendique un parler vrai, ont suscité l’indignation à gauche, ainsi qu’au sein du gouvernement et de la majorité.

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