L’opposition réagit vivement au projet de loi sur les urgences sanitaires – Le Monde

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Olivier Véran lors d’une visite du centre de distribution de vaccins contre le Covid-19, à Chanteloup-en-Brie (Seine-et-Marne), le 22 décembre.

La majorité sent venir au grand galop les ennuis, juste au moment des fêtes : le projet de loi sur l’état d’urgence sanitaire, présenté le 21 décembre en conseil des ministres, a aussitôt soulevé un tollé, d’abord à l’extrême droite et à droite.

Outre les limitations des libertés individuelles de l’état d’urgence sanitaire – qui permet déjà notamment au ministre de la santé de mettre en quarantaine, par simple arrêté, « des personnes susceptibles d’être affectées ou contaminées » –, le premier ministre pourrait cette fois interdire les déplacements et les activités de ceux qui se refuseraient à présenter les preuves d’un test de dépistage, d’un traitement préventif, « y compris l’administration d’un vaccin », ou d’un traitement, ce qui reviendrait, dans les faits, à rendre la vaccination obligatoire, contrairement aux engagements du chef de l’Etat.

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« Il ne peut y avoir de citoyenneté de seconde zone pour les individus non vaccinés. C’est profondément délétère et liberticide », a réagi Marine Le Pen mardi 22 décembre sur Twitter. Pour la présidente du Rassemblement national (RN), « de façon sournoise, ce texte envisage non pas de rendre la vaccination obligatoire, mais d’empêcher toute vie sociale aux personnes qui ne seraient pas [vaccinées] ». Sa nièce, l’ancienne députée Marion Maréchal, avait déjà dénoncé la veille sur Twitter un « véritable scandale ». Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France, estime, lui, que « c’est une remise en cause totale et scandaleuse de la liberté vaccinale ».

« Passeport sanitaire »

Julien Aubert, le député Les Républicains (LR) de Vaucluse, président du mouvement Oser la France, a écrit mardi au premier ministre. Il s’étonne : « Alors que l’exécutif avait indiqué que la vaccination ne serait pas obligatoire, il dépose un projet de loi qui conditionne nos déplacements à celle-ci, introduisant une forme d’inégalité entre citoyens, ce qui me semble problématique au regard de nos principes républicains. » Frédérique Dumas, la députée du groupe centriste d’opposition Libertés et territoires, a dénoncé, elle aussi, un « projet de loi totalement liberticide », qui impose « un passeport sanitaire ».

Ailleurs à droite, les premières réactions s’inquiètent surtout de la mise entre parenthèses du Parlement. « Que le gouvernement envisage que le premier ministre dispose seul des libertés les plus fondamentales est très préoccupant. Aucune bonne intention ne justifie pareille disposition, a tweeté Bruno Retailleau, le président du groupe LR au Sénat. En cas de crise sanitaire, la mise en œuvre de mesures privatives de liberté doit demeurer de la compétence exclusive du Parlement. »

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