L’opposant russe Alexeï Navalny présente « des traces d’empoisonnement », confirme l’hôpital allemand – Le Monde

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L’hôpital de la Charité, à Berlin, où est hospitalisé Alexeï Navalny, le 23 août 2020.

L’opposant russe Alexeï Navalny présente des « traces d’empoisonnement », a annoncé lundi 24 août l’hôpital berlinois de la Charité où il a été admis ce week-end après son transfert de Sibérie. « L’issue de la maladie reste incertaine » et des séquelles à long terme, « en particulier dans le domaine du système nerveux, ne peuvent être exclues à ce stade », ajoute dans un communiqué l’hôpital allemand, l’un des plus réputés au monde.

Plus tôt, le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, avait déclaré que Berlin jugeait « assez probable » l’empoisonnement, en justifiant dans ces circonstances la protection policière offerte à l’hôpital de Berlin à M. Navalny. « Le soupçon ne porte pas sur le fait que M. Navalny se soit empoisonné lui-même, mais que quelqu’un a empoisonné M. Navalny, et le gouvernement allemand prend ce soupçon très au sérieux, a fait valoir le porte-parole. Il n’y a pas eu d’invitation formelle [du gouvernement allemand] mais, pour des raisons humanitaires, M. Navalny a pu entrer rapidement dans le pays à la demande de sa famille. »

Alexeï Navalny, 44 ans, est le principal opposant au Kremlin ; ses publications dénonçant la corruption des élites russes sont abondamment partagées sur les réseaux sociaux. Jeudi, il a été hospitalisé dans la ville russe de Omsk, dans le coma, placé en réanimation et relié à un respirateur artificiel, après avoir fait un malaise dans un avion. Ses proches assurent qu’il s’agit d’un « empoisonnement intentionnel ».

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Il a été ensuite évacué samedi matin vers Berlin dans un jet privé affrété par une ONG allemande, au terme d’une journée de bras de fer entre la famille de M. Navalny et les médecins russes, qui ont d’abord affirmé que son état était trop instable, avant de donner leur feu vert.

Les médecins russes disent n’avoir subi « aucune pression »

De leur côté, les médecins russes ont affirmé, lundi, n’avoir reçu « aucune pression » extérieure ou ingérence officielle. « Nous ne nous sommes mis d’accord sur le diagnostic avec personne. Aucune pression n’a été exercée sur nous de l’extérieur, de la part de médecins ou d’autres forces, a déclaré Alexandre Mourakhovski, médecin en chef de l’hôpital d’Omsk, lors d’une conférence de presse retransmise en ligne. Par de grands efforts, nous lui avons sauvé la vie. »

Le refus initial de transférer Alexeï Navalny à l’étranger a été dénoncé par ses alliés comme une « décision politique » qui « menaçait la vie » de l’opposant. Son épouse, Ioulia Navalnaïa, avait, elle, dit ne « pas faire confiance » à cet hôpital public. Elle avait affirmé avoir été empêchée de voir son mari dans un premier temps, puis de parler aux médecins allemands.

Certains partisans de l’adversaire numéro un de Vladimir Poutine soupçonnent que le transfert a été retardé afin que le poison qu’il aurait ingéré devienne plus difficile à détecter. Anatoli Kalinitchenko, le directeur adjoint de l’hôpital, a, pour sa part, précisé que, selon deux laboratoires, à Omsk et à Moscou, « aucune substance pouvant être considérée comme du poison (…) n’a été identifiée » dans l’organisme du malade.

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Le Monde avec AFP

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