Livreur mort après une interpellation à Paris. Asphyxie et « fracture du larynx », révèle l’autopsie – Ouest-France

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Cédric Chouviat, le livreur en scooter mort, dimanche 5 janvier, après un contrôle routier à Paris, a été victime d’une asphyxie « avec fracture du larynx », à l’origine d’un malaise cardiaque lors de son arrestation, selon les premiers éléments de l’autopsie communiqués mardi par le parquet de Paris.

Cédric Chouviat est mort quelques heures après avoir été contrôlé par des policiers, à Paris. | JOËL LE GALL / OUEST-FRANCE

  • Cédric Chouviat est mort quelques heures après avoir été contrôlé par des policiers, à Paris.
    Cédric Chouviat est mort quelques heures après avoir été contrôlé par des policiers, à Paris. | JOËL LE GALL / OUEST-FRANCE

Qu’est-il arrivé à Cédric Chouviat, livreur mort dimanche 5 janvier 2020, à Paris ? Les premiers éléments communiqués au parquet par les médecins légistes font état d’une manifestation asphyxique avec une fracture du larynx, affirme le parquet, qui note que les experts relèvent aussi un état antérieur cardiovasculaire chez ce père de famille de 42 ans.

D’autres investigations médico-légales sont prévues, ajoute le procureur Rémy Heitz, qui annonce avoir ouvert une information judiciaire pour homicide involontaire afin de faire la lumière sur cette interpellation, survenue vendredi aux abords de la Tour Eiffel.

Transporté dans un état critique à l’hôpital, Cédric Chouviat était mort dimanche à 3 h 30 du matin, selon le parquet.

Les avocats de la famille dénoncent une « bavure policière »

L’autopsie confirme ce que la famille et leurs avocats disent depuis samedi, c’est-à-dire une asphyxie, a réagi Me Arié Alimi. On découvre en plus une fracture qui est probablement due à une strangulation […] c’est une mort atroce et extrêmement violente, a-t-il ajouté.

Lors d’une conférence de presse mardi matin, les avocats de la famille ont dénoncé une « bavure policière » et diffusée des vidéos recueillies après un appel à témoignages.

Les images montrent Cédric Chouviat, casque sur la tête et tournant nerveusement autour des policiers en les filmant. Il apparaît ensuite à plat ventre, toujours casqué, se débattant sous le poids de trois policiers, puis inerte.

Les vidéos ne montrent pas sa chute mais deux témoins indiquent qu’il a subi une clé d’étranglement, avait déclaré Me Alimi.

Demande de requalification

Nous regrettons la qualification juridique retenue par le parquet, qui est un euphémisme de la réalité, a critiqué l’avocat. Il réclame que l’enquête soit requalifiée, conformément à la plainte de la famille, en violences volontaires ayant entraîné la mort, une infraction criminelle qui relève des assises.

Il est encore malheureux que le parquet fasse état dans des termes peu compréhensibles d’un état cardiovasculaire antérieure, s’agissant d’une hypertension qui n’a aucun lien avec les causes de la mort, afin de créer une forme de doute dans l’esprit du public, a-t-il dénoncé.

Nous regrettons les fausses informations diffusées par la préfecture dans un premier temps et la famille demande des excuses au préfet de police de Paris, a-t-il conclu.

Le préfet de police réagit

Dans un communiqué, le préfet de police de Paris Didier Lallement dit avoir pris connaissance des graves accusations portées par la une de certains médias. Seule l’autorité judiciaire est en mesure d’établir les circonstances exactes de ce drame et les éventuelles responsabilités qui en découleraient, estime le préfet.

En attendant le résultat de ces investigations, le préfet de police rappelle que la présomption d’innocence est une garantie démocratique qui vaut pour tous, y compris les policiers, conclut-il.

Christophe Castaner attend des réponses

Les premières indications livrées par le parquet de Paris sur les résultats de l’autopsie du livreur mort après une interpellation, soulèvent des questions légitimes, auxquelles des réponses devront être apportées en toute transparence, a indiqué le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.

Le ministre de l’Intérieur et le secrétaire d’État (Laurent Nuñez) font toute confiance à la justice et aux enquêteurs pour faire la lumière sur les circonstances exactes du décès, établir les faits et les responsabilités, a ajouté Christophe Castaner. Face à cette épreuve, le ministre de l’Intérieur et le secrétaire d’État adressent toutes leurs condoléances à la famille et aux proches de la victime.

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