Lionel Jospin juge la politique d’Emmanuel Macron et le fonctionnement de LREM “anachroniques” – franceinfo

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Dans son interview à France Inter jeudi 3 septembre, Lionel Jospin exprime aussi son inquiétude sur une possible stratégie d’Emmanuel Macron vis-à-vis de l’extrême droite.

Avec sa politique “néolibérale”, Emmanuel Macron “commet un anachronisme”, a jugé jeudi 3 septembre sur France Inter Lionel Jospin, qui sort un livre “Un temps troublé” (Seuil). L’ancien Premier ministre estime également que la verticalité du fonctionnement de La République en marche est “une autre forme d’anachronisme”.

“La politique d’Emmanuel Macron est fondée sur le néolibéralisme. Ce néolibéralisme termine une phase de 40 ans ouverte par Thatcher et Reagan dans les années 80, de dérégulation mondiale, de montée des inégalités, de domination des milieux économiques, d’oublis de la politique sociale. Pendant les trois années qui viennent de s’écouler, c’est dans cette orientation que s’est situé le président de la République. Je pense qu’il commet un anachronisme”, a critiqué Lionel Jospin.

Il fustige également le fonctionnement du parti présidentiel. “Être vertical au moment où les Français expriment un désir de participation, d’écoute, je pense que c’est une autre forme d’anachronisme.” Selon l’ancien Premier ministre, la République en marche “n’a pas d’attache dans le pays”, “pas de vie intérieure”.

“Dans ce mouvement, on n’élit pas les dirigeants ni les candidats aux législatives ou sénatoriales, ils sont désignés d’en haut par un comité”, pointe Lionel Jospin qui y voit “une forme de régression démocratique” et une vision du pouvoir “qui ne correspond pas aux aspirations du temps.”

Lionel Jospin exprime aussi son inquiétude sur une possible stratégie du président de la République vis-à-vis de l’extrême droite pour la présidentielle 2022 et note que durant les trois premières années du quinquennat, la force du Rassemblement national n’a pas décru. “Je crains qu’il ne joue la polarisation avec le RN et que ce tête-à-tête posant la candidature d’Emmanuel Macron comme une carte forcée, provoque un sentiment d’hésitation et de refus chez les Français qui aiment avoir une liberté de choix.”

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