Liban: manifestation contre la «coopération» de Macron avec les dirigeants, heurts avec la police – Le Figaro

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Une manifestation qui a rassemblé mardi 1er septembre à Beyrouth plusieurs centaines de Libanais fustigeant la «coopération» du président français, Emmanuel Macron, avec leurs dirigeants jugés «corrompus», a dégénéré dans la soirée en affrontements avec la police, faisant 22 blessés, selon une ONG. Le rassemblement avait débuté de manière pacifique avant que des participants ne lancent des pierres contre les forces de l’ordre qui ont répliqué à coups de gaz lacrymogènes. Les heurts ont fait 22 blessés, dont l’un a été hospitalisé, a indiqué la Croix-Rouge libanaise.

Certains manifestants ont critiqué le président français qui rencontrait au même moment dans la capitale libanaise des responsables politiques conspués depuis des mois par la population. «Il devait venir nous écouter, nous aider à réaliser nos aspirations, non pas s’asseoir avec des corrompus et des criminels qui ont tué leur peuple», a lancé l’un d’eux, Rima, 46 ans. «En coopérant, vous devenez complices», pouvait-on lire sur une pancarte brandie par une manifestante.

Un «État laïc» et «moderne»

Munis de drapeaux libanais et scandant des slogans contre une classe dirigeante «corrompue» et un «système confessionnel clientéliste», les contestataires, mobilisés à l’appel d’une coalition des collectifs du mouvement de contestation, ont appelé à bâtir un «nouveau Liban» basé sur un «État laïc» et moderne.

L’explosion du 4 août au port de Beyrouth a tué au moins 188 personnes et dévasté plusieurs quartiers de la capitale. En visite au Liban pour la deuxième fois depuis cette gigantesque déflagration, Emmanuel Macron a accentué la pression sur les responsables politiques libanais en les appelant à lancer «au plus vite» de véritables réformes susceptibles de répondre à la colère des Libanais qui juge ses dirigeants responsables de cette explosion, les accusant de négligence et de corruption.

Le Liban est régi par un système de partage communautaire du pouvoir depuis son indépendance, ayant alimenté la corruption et le clientélisme.

Sous la pression internationale et celle de la rue, plusieurs ténors politiques, parmi lesquels le chef de l’État Michel Aoun et le président de l’Assemblée Nabih Berri, ont appelé ces derniers jours à «changer le système confessionnel» en faveur d’un «État laïc».

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