L’hypothèse d’une candidature présidentielle de Zemmour en 2022 inquiète et irrite le RN – Le Monde

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Eric Zemmour se libère les mains. Sa chronique hebdomadaire dans Le Figaro étant arrêtée temporairement, l’idole des identitaires peut se lancer dans une tournée de promotion pour son livre, avant de déclarer, ou non, sa candidature à la présidentielle de 2022. « Il veut faire partie de l’histoire, pas seulement la commenter », sourit l’un de ses amis. Ce jeu des petits cailloux fait lever les yeux au ciel au Rassemblement national (RN). Depuis que Marine Le Pen a vu le polémiste en tête-à-tête, au printemps, elle sait qu’il ira jusqu’au bout. « Je ne l’ai pas reconnu », s’est étonnée la patronne du RN, en privé. Avant de railler en substance : « Cette histoire, ça va mal finir. » Mal peut-être, mais pour qui ?

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Selon un sondage d’Ipsos publié fin août, Eric Zemmour récolte désormais 7 % d’intentions de vote contre 15 % pour Xavier Bertrand, 21 % pour Marine Le Pen et 23 % pour Emmanuel Macron… « Il prend des voix au RN et [au parti] Les Républicains à parts quasi-égales, décrypte Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos. Marine Le Pen a raison de ne pas trop s’inquiéter, mais elle a tort de minimiser. » La « droite Zemmour », aux composantes catholiques, royalistes et réactionnaires, ne séduit qu’une infime partie de l’électorat populaire du RN. Le candidat de la droite pâtirait davantage de son entrée dans la course, se persuadent les marinistes.

Tout de même, les élus du RN se raccrochent à leurs réflexes… de politiques professionnels. « Un polémiste ne fait pas un politique, cingle ainsi Philippe Olivier, conseiller spécial de Marine Le Pen. L’islam est incompatible avec la République, blablabla… Et alors, on pourchasse les musulmans ? On fait la Saint-Barthélémy ? Les bonnes idées se heurtent à la réalité et à la loi. » L’idéologie radicale de Zemmour, lui-même plusieurs fois condamné pour provocation à la haine raciale, ne faiblit pas. « En 2100, nous serons une République islamique, a-t-il martelé à Mirabeau (Vaucluse), le week-end du 28 août. Le grand remplacement (…) est un processus inéluctable qui, si on ne l’arrête pas, nous emportera tous. »

L’obstacle des parrainages

Le « système » médiatique tant décrié par l’extrême droite deviendrait, ironiquement, un allié de circonstance pour Marine Le Pen. « Quand il n’aura plus CNews, il n’y aura plus de Zemmour, se plaît à imaginer Philippe Olivier, lecteur assidu de l’essayiste. Il va mettre un pied à terre et se faire lapider. Il sera politiquement flingué. » Sans compter l’obstacle des parrainages, que les frontistes connaissent bien pour en avoir souffert – et l’avoir mis en scène. En 1981, Jean-Marie Le Pen n’avait pu obtenir les 500 signatures d’élus. En 2002, Marine Le Pen avait vécu « un cauchemar » lorsqu’il avait fallu arracher in extremis les paraphes pour son père. « Les maires la parrainent aujourd’hui parce que leur village vote pour elle, rapporte le député RN du Pas-de-Calais, Bruno Bilde. Mais ils n’ont pas envie de se mettre à dos les femmes… Zemmour est hyper clivant. »

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