Lors du deuxième tour, le candidat de l’AfD Sebastian Wippel a obtenu 44,9 % des voix, contre 55,1 % pour Octavian Ursa (CDU). Ce score reste un « énorme succès » pour le parti d’extrême droite.

Le Monde avec AFP Publié le 17 juin 2019 à 00h24

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L’élection municipale à Görlitz, en Saxe, était scrutée, en cela qu’elle offrait une répétition générale avant des régionales clés en septembre. A l’issue d’un duel inédit, le candidat de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel a devancé son adversaire du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), dimanche 16 juin, remportant la mairie.

Le candidat de l’AfD Sebastian Wippel a reçu lors de ce deuxième tour 44,9 % des voix, derrière Octavian Ursa, représentant du CDU (55,1 %) et soutenu par le reste de la classe politique pour faire barrage à la formation anti-migrants qui pouvait ambitionner de prendre la tête de cette ville de 55 000 habitants. Pour l’une des figures du parti d’extrême droite, Alice Weidel, un tel score reste un « énorme succès », a-t-elle écrit sur Twitter.

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A Görlitz, le candidat de l’AfD, un ex-policier de 36 ans adepte d’arts martiaux, était arrivé en tête au premier tour de l’élection municipale fin mai avec 36,4 %. Son concurrent, arrivé deuxième, a pu compter sur le soutien des Verts, force montante en Allemagne : la candidate écologiste, Franziska Schubert, bien qu’en position de se maintenir avec 27,9 %, s’est désistée en appelant ses électeurs à voter pour « l’ouverture sur le monde » de cette ville séparée de la Pologne par la rivière Neisse.

Le candidat de l’AfD a réagi à sa défaite en estimant que « la CDU a travaillé avec tout le monde, même les extrémistes de gauche » pour gagner, référence au front uni pour le faire battre.

Des régionales cruciales pour la coalition gouvernementale

Le secrétaire général de la CDU, Paul Ziemiak, a salué un « grand succès ». Car le scrutin de Görlitz a valeur de test avant une succession, après l’été, de scrutins à haut risque dans plusieurs Länder de l’Est, dont la Saxe le 1er septembre, où l’extrême droite réalise ses meilleurs scores. Déjà, des sondages donnent l’AfD en tête, devant la CDU de Mme Merkel et ses alliés du SPD, un camouflet.

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Ces régionales pourraient donc décider du sort de la coalition, déjà chancelante, de la chancelière et entraîner la fin prématurée de la longue carrière de Mme Merkel, désireuse de rester aux manettes jusqu’au terme de la législature, en 2021.

Car le SPD compte annoncer cet automne s’il quitte ou non le gouvernement, notamment du fait de sa série de revers électoraux. Une nouvelle déroute aux régionales pourrait être celle de trop.

Sa popularité est au plus bas, avec 11 % d’intentions de vote au niveau national selon le récent sondage Forsa pour RTL, derrière des Verts en plein essor (27 %), la CDU en baisse (24 %) et l’AfD à 13 %.

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