L’exécutif envisage de durcir les conditions d’acquisition de la nationalité française à Mayotte – Le Monde

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Les alizés de l’hiver austral qui balayent l’archipel de Mayotte, dans l’océan Indien, accueillent la délégation conduite par Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur, et Sébastien Lecornu, ministre des outre-mer. L’avion de ligne en provenance directe de Paris-Charles-de-Gaulle freine sèchement à son atterrissage pour ne pas basculer dans le lagon au bout de la piste, dont l’allongement est une demande récurrente des Mahorais. Emmanuel Macron s’était engagé à la satisfaire lors de son déplacement dans l’archipel, en octobre 2019. Depuis, le projet reste à l’état d’études. M. Lecornu l’a assuré devant les acteurs économiques au deuxième jour de sa visite : celles-ci devraient déboucher sur un début des travaux « fin 2021, début 2022 ».

Le problème des Mahorais, c’est qu’ils ne croient plus beaucoup aux promesses qui leur ont été faites depuis des années. A quelque 70 kilomètres de là, l’île d’Anjouan, la pointe avancée de l’archipel des Comores, dont les habitants de Mayotte ont fait le choix de se séparer quand, en 1974, ils ont décidé majoritairement de rester dans la République française, contrairement à leurs compatriotes des autres îles comoriennes, continue d’alimenter quotidiennement le flux d’immigrés qui tentent d’aborder les rivages de ce département, le plus pauvre de l’Etat français mais qui fait figure d’eldorado aux yeux de ses voisins.

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Le territoire devenu département en 2011 fait face à des difficultés que les exécutifs de l’époque n’avaient pas anticipées et cumule les handicaps, amplifiés par une immigration massive. « C’est la règle des 50 %, explique l’entourage de M. Darmanin : 50 % de population étrangère, dont 50 % de clandestins, 50 % de la population a moins de 18 ans. » Un défi permanent, qui réclame des mesures exceptionnelles dans tous les domaines : sécurité et lutte contre l’immigration clandestine, mais aussi économie, social, éducation, formation, logement…

« La double peine »

A l’occasion du dixième anniversaire de la départementalisation, le 31 mars, M. Lecornu avait annoncé le dépôt, avant la fin du quinquennat, d’un projet de « loi-programme » spécifique à Mayotte qui aborderait l’ensemble de ces problématiques. Ce déplacement ministériel est largement consacré à en dévoiler l’architecture. Mais, dans un premier temps, l’accent a surtout été mis sur le renforcement des moyens en matière de sécurité et de lutte contre l’immigration clandestine. Même si, a rappelé M. Lecornu, « un des grands enjeux de la loi Mayotte, c’est de parachever la départementalisation avec une convergence des droits sociaux à l’horizon 2031 ».

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