Les vulnérabilités du commerce mondial mises en lumière par le blocage du canal de Suez – Le Monde

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Le porte-conteneurs « Ever Given » remis à flots dans le canal de Suez le 29 mars.

« Il est libre », s’est félicité, lundi 29 mars, dans un communiqué Evergreen, l’armateur du porte-conteneurs géant Ever Given qui, échoué, bloquait le canal de Suez depuis six jours.

Lors de l’opération de renflouement, 30 000 mètres cubes de sable ont été dragués et treize remorqueurs ont été déployés. Un accident coûteux – chaque jour de blocage aurait coûté entre 6 milliards et 10 milliards de dollars (entre 5,1 milliards et 8,5 milliards d’euros), selon l’assureur Allianz – qui a mis en en lumière les faiblesses du commerce mondial, dont 10 % transitent par le canal.

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  • Les limites de la course au gigantisme

Ce ne sont plus des navires mais des hangars flottants qui parcourent les mers. En vingt-cinq ans, la capacité des porte-conteneurs a quadruplé, atteignant les 220 000 tonnes. Leur taille a augmenté si rapidement que les infrastructures ont du mal à suivre.

Des travaux d’agrandissement avaient été terminés en 2015 sur le canal de Suez pour justement accueillir les mastodontes comme l’Ever Given. En France, seuls deux ports, Fos (Bouches-du-Rhône) et Le Havre (Seine-Maritime), peuvent les accueillir et décharger leurs cargaisons. Les systèmes d’arrimage, qui doivent faire tenir 22 000 conteneurs à leurs bords, ne résistent pas toujours à la houle et aux vagues géantes. Ces derniers mois, plusieurs navires ont perdu des milliers de conteneurs dans des tempêtes en mer à l’instar du One Apus, qui en a perdu 1 900 en décembre 2020. La plupart ne peuvent pas être récupérés alors que certains contiennent des produits toxiques.

« Les grands navires sont construits sous la pression des transporteurs internationaux qui cherchent, plus que jamais, à expédier davantage de marchandises plus rapidement et moins cher, explique Arabelle Bentley, la secrétaire exécutive de KIMO International, une ONG de protection des mers. Or, ces navires immenses sont une plus grande menace pour l’environnement. » L’ONG plaide pour « des régulations plus strictes afin de renforcer la sécurité en mer ». Les transporteurs maritimes justifient l’augmentation de la taille des navires par une baisse des prix du fret et des émissions de CO2 par tonne de marchandise expédiée.

  • Le blocage du canal a bénéficié aux routes de la soie…

Les malheurs du canal de Suez pourraient faire le bonheur des routes de la soie aménagées par la Chine. Un article publié récemment sur le site de la chaîne d’Etat chinoise CGTN, explique que les infrastructures financées par Pékin pourraient « faciliter le commerce terrestre Est-Ouest de façon à ce que l’économie mondiale réduise enfin sa dépendance à des points d’engorgement comme le détroit de Malacca et le canal de Suez ».

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