Les robots de logistique d’Exotec font un carton

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Les robots de logistique d'Exotec font un carton

Dans ses locaux de 4 000m2 implantés à Croix, en banlieue de Lille, Exotec conçoit et fabrique des systèmes robotisés pour la logistique, tous secteurs confondus. Sur un écran digital accroché au mur du hangar, on peut lire en temps réel le nombre de robots produits par la société de robotique. Fin juillet, il affichait 2 129 au compteur. Le rythme de production tend à s’accélérer sur le vaste marché de la logistique. Exotec livre ses systèmes pour des clients du e-commerce, du retail, du commerce alimentaire et du manufacturing comme Carrefour, E.Leclerc, Cdiscount, Uniqlo, Lacroix ou encore Décathlon.

Dans la zone de production, six lignes d’assemblage travaillent sur les sous-ensembles des machines. Chaque ligne fait à peu près un robot par jour, soit environ 2 000 robots par an.

L’entreprise, qui a intégré la promotion 2021 du French Tech Next40, a réalisé 47 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020. Elle envisage de doubler ce chiffre en 2021 pour atteindre 100 millions d’euros à la fin de l’année, rapporte Romain Moulin, CEO et co-fondateur d’Exotec, à ZDNet.

En pleine période pandémique, l’automatisation des entrepôts de logistique présente un certain attrait pour les commerçants et surtout les e-commerçants, qui traitent un volume conséquent de commandes. Si Exotec sait tenir ses délais de livraison grâce à son système de production en série, la gestion des stocks s’avère plus tendue que d’ordinaire en raison des pénuries de matières premières qui continuent de peser sur les industries, notamment pour les composants électroniques. « Nous surveillons cela comme du lait sur le feu » relate Romain Moulin.

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Des robots standards et un système flexible

Depuis cinq ans, Exotec conçoit et fabrique le système robotisé
Skypod pour venir en aide aux logisticiens sur la préparation de commande au détail. Avec son installation verticale, Exotec optimise l’espace de stockage dans les entrepôts en imaginant des racks de douze mètres de haut, du sol jusqu’au plafond. Les robots s’y déplacent sur des rails pour aller chercher les bacs surélevés, et les ramener jusqu’à l’opérateur.

Des étagères de démonstration sont installées dans les locaux du fabricant. Elles permettent de tester les performances des robots en conditions réelles et les ajuster si nécessaire.

Produits en série, les robots sont commercialisés dans un format standard. La taille des systèmes varie en fonction des besoins, allant d’une dizaine de robots pour une PME à 500 machines chez Uniqlo au Japon. L’entreprise robotique peut personnaliser les systèmes en fonction du niveau d’automatisation recherché par les clients.

Exotec propose aussi un module de picking automatique intégré en plug & play, le Skypicker,
qui vient compléter la solution de préparation de commandes Skypod. Estimée à 1,67 milliard de dollars à l’horizon 2025, la demande en solutions de picking automatisé est notamment poussée par l’essor du e-commerce, explique Romain Moulin. L’entreprise de robotique Boston Dynamics a d’ailleurs récemment annoncé qu’elle se lançait aussi sur ce segment en forte croissance, pour diversifier son activité et attaquer le secteur de la logistique.


Le Skypicker est constitué d’un bras articulé permettant de manipuler des objets rigides de moins de 2kg. Il est équipé de son propre order mover permettant de préparer 4 commandes simultanées et de les transférer vers le poste suivant pour compléter la commande avec du picking manuel, précise Exotec.

70% de logiciel, 30% de mécanique

Les robots assistent l’opérateur dans ses tâches les plus pénibles et répétitives. Ils vont et viennent dans l’entreprôt, parcourant en moyenne 10 000 kilomètres par an. « Ce travail peut devenir rapidement harassant pour les opérateurs. Notre solution permet de multiplier la vitesse des préparateurs, qui vont travailler cinq fois plus vite, car ils arrêtent de chercher et de se baisser. Cela améliore l’ergonomie du poste de travail parce que tout est à disposition » explique Romain Moulin.

La particularité d’Exotec tient dans « sa flexibilité et sa performance », poursuit l’ingénieur. « Nous vendons des commandes assemblées à l’heure, pas des robots. »

La partie logicielle tient une place prépondérante (70% du travail), contre 30% pour la partie hardware. Exotec a sorti la première version de son logiciel Astar (qui commande la flotte de robots) en 2017, pour son premier client Cdiscount. Depuis, les mises à jour se succèdent, mais c’est le même logiciel qui est installé chez tous les clients. Selon la nature de l’activité, des spécificités viennent se glisser ici et là, comme la capacité à gérer les dates de péremption des produits pour l’alimentaire par exemple.

Dans sa roadmap R&D, Exotec ambitionne à terme de « connecter les deux bouts de l’entrepôt ». Pour Romain Moulin, l’entrepôt de demain ne sera pas 100% automatisé, « ce sera vraiment un mix d’opérateurs et de robots » dit-il.

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