Les Républicains font leur rentrée en pensant à la présidentielle de 2022 – Le Monde

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Faut-il passer par la case primaire ? La droite a lancé samedi 29 août à La Baule (Loire-Atlantique) l’épineux débat sur le calendrier et le mode de désignation de son candidat pour la présidentielle de 2022. Près de 500 personnes étaient rassemblées pour ces universités d’été des Républicains de Loire-Atlantique, première étape d’une rentrée où la droite, portée par des municipales ayant conforté son ancrage territorial, compte bien tourner la page de la déroute de 2017. 

Mais qui pour porter les couleurs de la droite lors du prochain scrutin présidentiel ? Le président de l’Association des maires de France (AMF), François Baroin, régulièrement évoqué, doit clarifier ses intentions à l’automne. « Aujourd’hui personne n’écrase le match, on n’a pas de candidat naturel », a assuré à la presse Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat, dont les déclarations ces derniers jours ont laissé penser qu’il pourrait lui-même se présenter à une primaire.

La primaire de 2017 ? « On a vu le résultat »

Trois grandes options sont possibles pour désigner un candidat : réserver le vote aux seuls adhérents (primaire fermée), l’élargir au-delà du parti (primaire ouverte) ou le restreindre à la seule direction.

« Il faut trouver une méthode de départage » sans que « cette sélection se fasse dans l’entre-soi, il faut que les militants puissent y participer », a soutenu Bruno Retailleau, en plaidant pour « un processus de désignation qui soit clair avant Noël » et « une désignation avant l’été » prochain. Le président du Sénat, Gérard Larcher, a lui aussi appelé à « trouver un système de départage au-delà des frontières des partis ».

« Avoir imité la gauche nous a menés au désastre »

Cela remettrait en course des dissidents de LR comme Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse, qui faisait elle-même sa rentrée samedi à Mennecy (Essonne), où elle a souhaité « relever la République ».

Depuis 2015, les statuts de LR prévoient « une primaire ouverte à l’ensemble des citoyens adhérant aux valeurs du mouvement ». Mais l’épisode de 2017, avec la désignation de François Fillon, a laissé des traces, dans un parti sensible aux divisions. « Un mauvais souvenir pour certains d’entre nous », a reconnu Bruno Retailleau.

« La primaire ouverte de 2017 avait pour but d’éviter un candidat lepéniste au second tour. On a vu le résultat », a raillé Franck Louvrier. « Avoir imité la gauche nous a menés au désastre et les blessures après sont très difficiles à surmonter », a souligné Rachida Dati. Le président des Républicains, Christian Jacob, ne cache pas sa méfiance personnelle vis-à-vis de cette primaire ouverte.

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Rassembler la droite dès le premier tour

A La Baule, l’idée de garder ce processus semblait peu faire recette parmi les militants : « Avec une primaire ouverte, on dynamite le parti de l’intérieur ! », affirme Jean-Louis, qui préfère rester anonyme. « Il faut une primaire fermée, sans que les gauchistes viennent fausser le résultat », selon Jean-François Cuignet, adhérent LR et membre de Sens commun.

Appelant au rassemblement, Gérard Larcher a lancé un avertissement voilé samedi : « Rien ne serait pire qu’une compétition fratricide au premier tour de l’élection présidentielle », synonyme d’une nouvelle défaite. Selon lui, « notre famille ne s’en relèverait pas ». « Je ne veux pas remettre en route une machine à perdre », a abondé Bruno Retailleau, en évoquant « le risque du suicide » pour la droite française.

Le Monde

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