Christophe Dettinger fait face à la justice ce mercredi depuis 14h30 pour avoir violemment frappé deux gendarmes mobiles, le 5 janvier dernier lors d’une manifestation des gilets jaunes à Paris. L’ex-boxeur et gilet jaune a dit regretter une “erreur”, qu’il explique par “la violence” subie par les gilets jaunes lors des manifestations.

Les larmes aux yeux, Christophe Dettinger s’est longuement expliqué lors de l’audience, au tribunal correctionnel de Paris. L’homme a reconnu les faits mais souhaite changer l’image qui a été dépeinte de lui jusqu’ici.

“Je suis là pour payer l’erreur que j’ai faite mais je ne veux pas qu’on dise que je suis un casseur, un tueur de flics. J’ai fait une grosse erreur que je regretterais toute ma vie”, a-t-il soutenu à la barre.

“J’ai juste un souhait ce soir, rentrer chez moi avec ma famille. Quand je me vois taper sur le gendarme au sol, j’ai honte de moi”, a ajouté le prévenu, la voix chargée d’émotion.

Le procureur a requis trois ans d’emprisonnement, soit deux ans ferme dont un avec sursis, assorti d’une mise à l’épreuve avec obligation et maintien en détention. 

“Tout est allé très, très vite”

Père de famille sans casier judiciaire, Christophe Dettinger encourt jusqu’à 7 ans de prison dans ce procès pour violences en réunion sur des gendarmes. Très stressé, ce gilet jaune a expliqué avoir été gazé par des forces de l’ordre ce jour-là, sur cette passerelle où il s’en est ensuite pris à des gendarmes mobiles. “J’ai été pris de colère quand j’ai vu cette femme au sol, j’ai juste voulu la défendre” a-t-il encore affirmé. 

“Je cherche ma femme, je vois des coups de matraque de gendarmes donnés à des gilets jaunes. Bam, bam, bam. Je ne comprenais pas. Je vois une dame au sol, un coup de pied et un coup de matraque levée, c’est là que je me jette sur le gendarme et je tape”, a-t-il dit d’une traite, très calme.

“Vous êtes en colère?”, demande la présidente. “Je défend cette dame au sol. Quand je vois une injustice, je réagis. Tout est allé très, très vite”, martèle-t-il.

“Christophe Dettinger n’est pas un casseur”

Les vidéos amateurs des échauffourées ont été visionnées plusieurs fois au ralenti au cours de l’audience. Le procureur s’interroge sur cette nouvelle version des faits, selon laquelle Christophe Dettinger se décrit en justicier. “Pourquoi a aucun moment on ne vous voit revenir vers cette dame? Pourquoi vous n’essayez pas d’aller la voir? Pourquoi avoir frappé les gendarmes?” lui a-t-il lancé. “Parce que je ne la voyais plus” répond simplement Christophe Dettinger.

“Christophe Dettinger n’est pas un casseur”, a déclaré son avocat Me Hugues Vigier sur notre antenne. “Il n’est pas venu pour en découdre mais à visage découvert, pacifiquement comme il le faisait à chaque fois. Et puis il y a eu ce que nous qualifions de dérapage, c’en est un, même si c’est une infraction grave”.

Un seul des deux gendarmes qui ont porté plainte contre lui était présent à l’audience. Le second, selon son avocat, ne voulait pas se retrouver en face à face avec son agresseur. Toujours en arrêt, il “n’est pas en état” de se présenter, expliquent ses avocats. “La peine doit être exemplaire”, a ensuite fait savoir Me Jean-Philippe Morel, avocat des parties civiles.”On voudrait que les choses s’arrêtent, s’apaisent entre les forces de l’ordre et les citoyens”. 

À l’extérieur, Jérôme Rodrigues, blessé à l’oeil lors d’une manifestation le 26 janvier et devenu un emblème du combat contre les violences policières, est venu apporter son “soutien” au prévenu.