Les règles du confinement « inchangées au moins pour les quinze prochains jours », confirme Castex – Le Monde

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Le ministre de la santé, Olivier Véran (à droite), et le premier ministre, Jean Castex, lors du bilan d’étape du confinement, le 12 novembre, à Paris.

Deux semaines après l’entrée en vigueur d’un nouveau confinement en France − prévu à ce stade jusqu’au 1er décembre −, le premier ministre, Jean Castex, a tenu, jeudi 12 novembre, un point-presse sur la situation épidémiologique dans le pays.

Le chef du gouvernement s’exprimait quelques heures après un désormais rituel conseil de défense hebdomadaire. « L’impact sanitaire de l’épidémie reste très lourd », a-t-il déclaré en guise de préambule, soulignant que la France affronte une deuxième vague « extrêmement forte ».

« Tout l’enjeu est de faire face [à cette épidémie] avec une seule exigence : pouvoir soigner toutes celles et ceux qui en ont besoin et éviter à tout prix le drame d’une prise en charge dégradée, comme nous pouvons l’observer, par exemple en Italie. »

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Ainsi, selon Jean Castex, la France enregistrait ces derniers jours « une hospitalisation toutes les 30 secondes » et une « admission en réanimation toutes les trois minutes ». En outre, a-t-il souligné : « 40 % des personnes admises en réanimation ont moins de 65 ans. » « Il serait irresponsable de lever et même d’alléger le dispositif » de confinement pour l’instant, a estimé le premier ministre.

Jeudi, le nombre de personnes hospitalisées en raison du Covid-19 a dépassé le pic de la première vague de contaminations au printemps (32 683 patients, contre 32 292 au plus fort de la première vague, le 14 avril), selon les données publiées par les autorités sanitaires. Les services de réanimation traitent désormais 4 899 cas graves (soit 96 de plus que mercredi). 425 décès supplémentaires ont été comptabilisés au cours des dernières vingt-quatre heures, portant le bilan total à 42 960 morts du Covid en France.

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  • Le premier bilan du confinement « cohérent »

« Vous le savez, nous n’avons pas souhaité reproduire le confinement du printemps, qui s’était traduit par une mise à l’arrêt brutale de la vie économique, sociale et éducative », a expliqué M. Castex.

« Les effets que nous pouvons mesurer sont, à ce jour, sont cohérents avec ce que nous recherchions. »

Sur le plan économique, les dernières données de la Banque de France montrent que l’activité pourrait baisser de 12 % au mois de novembre. « C’est un choc important, mais c’est trois fois moins qu’au printemps. »

Par ailleurs, sur le front sanitaire, « nous constatons que l’évolution du nombre de nouvelles contaminations s’est ralentie depuis une semaine », a fait valoir Jean Castex.

Mais, a-t-il tempéré, si cette évolution doit être interprétée « de manière positive », il convient de rester prudent. « Il y a un décalage entre le moment où les contaminations sont faites et le moment où les patients présentent des formes graves […], nous ne sommes pas encore dans une phase de réduction du nombre d’hospitalisations et d’admissions en réanimation », a ainsi prévenu le ministre de la santé, Olivier Véran.

  • Un allègement possible au 1er décembre

Ainsi, a expliqué M. Castex, « nous avons donc décidé, ce matin, de maintenir inchangées, au moins pour les quinze prochains jours, les règles du confinement ».

« Je sais quelles sont les angoisses des commerçants qui n’aspirent qu’à pouvoir travailler et qui sont très inquiets. Cette décision […], elle est lourde et difficile », a-t-il souligné.

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Si, la semaine prochaine, la tendance à la baisse des contaminations ne se confirme pas, et que le nombre de patients atteints du Covid-19 en réanimation continue d’augmenter, « alors nous serions amenés à prendre des mesures supplémentaires, afin d’arrêter la vague ».

A l’inverse, l’amélioration de la situation sanitaire se confirme, « de premiers allègements pourraient intervenir à compter du 1er décembre ». Mais, ces derniers, seraient strictement limités aux commerces fermés à partir du confinement. En d’autres termes, bars et restaurants ou encore salles de sport, « où les risques de contamination sont par nature plus élevés », garderaient portes closes et une attestation serait toujours nécessaire pour les déplacements, a détaillé M. Castex.

« Notre objectif est de pouvoir permettre un nouvel allègement au moment des vacances de Noël afin que les Français puissent passer des fêtes de fin d’année en famille, mais celles-ci ne pourront pas se tenir de la même manière que d’habitude. »

Toutefois, à la question « peut-on réserver un billet de train pour les vacances de Noël ? », le premier ministre a estimé qu’il était trop tôt pour se prononcer sur ce point. Il a promis d’y apporter une réponse « le plus rapidement possible ». Il a également déclaré qu’un confinement territorialisé n’était, pour l’heure, pas envisagé après le 1er décembre.

  • Les aides aux entreprises maintenues

Jean Castex a promis que le gouvernement allait continuer à « apporter un soutien massif » aux entreprises contraintes de fermer pendant le reconfinement.

« J’assume mes responsabilités en termes de protection contre l’épidémie. J’entends les assumer de la même manière pour protéger les victimes économiques du confinement. »

En outre, le premier ministre a annoncé une prolongation « exceptionnelle » des droits à l’assurance-chômage pour les chômeurs en fin de droit « le temps du confinement ». Une mesure similaire avait été prise au printemps. « Tout doit être fait pour éviter le risque de bascule dans la précarité », a-t-il ainsi déclaré.

Les bailleurs qui renonceront à leur loyer du mois de novembre pour un commerçant bénéficieront d’un crédit d’impôt de 50 %, et non de 30 % comme prévu jusqu’ici, a, par ailleurs, annoncé le ministre de l’économie, Bruno Le Maire. Si le loyer est dû par un grand magasin de 250 à 5 000 salariés, le crédit d’impôt sera d’un tiers du montant du loyer, a-t-il précisé.

  • Prise en charge de certains frais dans le cadre des évacuations sanitaires

A ce jour, 120 évacuations sanitaires ont déjà été réalisées des régions les plus en tension, comme Auvergne-Rhône-Alpes ou Bourgogne-Franche-Comté, vers d’autres territoires comme la Nouvelle-Aquitaine, la Bretagne ou encore l’Ile-de-France.

« C’est une logistique lourde », a rappelé le ministre de la santé, Olivier Véran, pour les malades « qui se retrouvent donc éloignés de leurs proches ».

« C’est pourquoi nous avons décidé de prendre en charge les frais de transport et d’hébergement pour au moins un accompagnant des patients transférés dans le cadre de ces évacuations sanitaires. »

  • Mise en place de référents étudiants dans les cités universitaires

« Nous sommes particulièrement attentifs à la situation d’isolement des plus jeunes, […] en particulier des étudiants », a fait valoir le premier ministre.

L’exécutif a ainsi annoncé la mise en place, dans chacune des 800 cités universitaires de France, de deux référents étudiants qui viendront renforcer le travail des services des CROUS, « notamment pour accompagner les étudiants de première année et les étudiants les plus en difficulté ». Près de 1 600 emplois étudiants seront ainsi créés sur les mois de novembre, décembre et janvier.

  • Castex en appelle au « civisme » face au confinement

Le premier ministre a demandé de ne « pas relâcher », mais d’« amplifier » les efforts face au confinement, en appelant au « civisme » pour le respecter.

M. Castex a expliqué avoir demandé au ministre de l’intérieur un renforcement des contrôles, alors que 581 000 ont déjà été pratiqués depuis le 30 octobre, occasionnant 88 455 verbalisations.

« Je remercie très sincèrement l’immense majorité des Françaises et des Français qui respectent les règles communes, mais nous constatons dans certaines zones ou parties du territoire un respect encore insuffisant de ces règles », a-t-il souligné.

  • « Près de 20 millions de tests antigéniques » commandés

Le ministre de la santé, Olivier Véran, a fait savoir qu’environ 2,2 millions de tests PCR sont réalisés chaque semaine dans le pays, « ce qui fait que la France reste le pays qui teste le plus avec l’Angleterre et avec l’Allemagne ».

Les tests antigéniques − « plus rapides mais moins fiables » − se déploient « massivement dans les services d’urgence à l’hôpital », ainsi que dans les aéroports. M. Véran a d’ailleurs annoncé le lancement d’une campagne de dépistage grâce à ces derniers, à l’adresse des entreprises ainsi que du personnel travaillant dans les écoles. Selon le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, 1,2 million de ces tests vont être prochainement mis à disposition des établissements scolaires.

Lire aussi : Débuts compliqués pour les tests antigéniques en France

Le ministre de la santé a rapporté que l’Etat français avait passé une commande supplémentaire de « près de 20 millions » de tests antigéniques, dans le cadre d’un appel d’offres européen, pour compléter l’offre disponible.

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