Le bureau exécutif de La République en marche débattra ce lundi soir de propos controversés du député LaREM Aurélien Taché, qui a paru comparer le voile islamique et le serre-tête, a appris l’Agence France-Presse (AFP) ce dimanche auprès de plusieurs sources au sein du parti présidentiel. Selon ces sources, le sujet sera traité de manière informelle.   

“Vous me posez la question pour une jeune fille de douze ans qui porterait le voile et serait élevée dans une famille musulmane. Est-ce que vous me poseriez la question sur une famille catholique, une jeune fille à qui on mettrait un serre-tête ? Bien sûr que non”, a déclaré M. Taché lors de l’émission C l’hebdo sur France 5 samedi.

Cette réponse à une question de la journaliste Zineb El Rhazoui – “Qu’est-ce que vous pensez du voilement d’une petite fille?” – valait dimanche au député de vives critiques sur les réseaux sociaux, y compris de la part de collègues députés marcheurs tels qu’Agnès Thill et François Cormier-Bouligeon.

“Aucune femme dans le monde ne sera lapidée parce qu’elle ne porte pas un serre-tête”, a commenté au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, tout en soulignant quz M. Taché avait “le droit d’exprimer son opinion et sa ligne personnelle”. Et d’insister : “le serre-tête n’est pas un signe religieux.”
    
“La Macronie continue d’attaquer les catholiques français pour masquer sa soumission à l’islamo-gauchisme”, a cinglé pour sa part le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan.

Aurélien Taché répond dans un communiqué

Dimanche soir, dans un communiqué, le député LaREM a expliqué avoir voulu “exprimer (son) attachement à la laïcité dans notre pays”. 

“Dans un débat très complexe, j’ai aussi voulu rappeler que donner une éducation religieuse ou non à ses enfants est du ressort exclusif des familles, quelle que soit la confession concernée, propos que j’ai voulu illustrer en évoquant le serre-tête porté par certaines jeunes filles catholiques. Cet exemple a été mal compris: il ne s’agissait évidemment pas de dire que cet accessoire revêtait une signification religieuse et je présente donc mes excuses à ceux que ces propos auraient pu blesser”, poursuit-il.

Selon le député du Val-d’Oise, “le rôle de la République et de l’école, c’est de donner à toutes les jeunes femmes de ce pays, les armes et les moyens de choisir leur vie et de suivre ou non l’éducation familiale qu’elles ont reçue (…) mais il ne m’appartient pas de juger les pratiques religieuses de mes concitoyens, tant qu’elles s’inscrivent dans le respect des lois”.