Les plateformes de santé deviennent des relais de la vaccination

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Les plateformes de santé deviennent des relais de la vaccination

Les plateformes de santé privées deviennent un maillon dans la chaîne de vaccination. Doctolib, Maiia et Keldoc sont sur le pied de guerre depuis quelques jours pour organiser la prise de rendez-vous en ligne pour la vaccination. Les trois opérateurs ont été choisis par l’Etat pour prendre part à cette nouvelle étape de la campagne de vaccination grand public, qui va s’étendre à partir du 18 janvier aux personnes âgées de 75 ans et plus, aux pompiers et aides-soignants de plus de 50 ans.

Ces trois acteurs privés vont équiper dès ce mercredi les quelque 700 centres de vaccination d’une solution de prise de rendez-vous en ligne. Les personnes concernées pourront prendre rendez-vous à compter de jeudi matin.

La plateforme Santé.fr permettra en outre aux personnes éligibles de trouver un centre de vaccination à proximité de leur domicile.

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Un travail titanesque en amont pour une procédure simplifiée

Chaque centre de vaccination doit opter pour la plateforme de son choix. Les plateformes travaillent depuis quelques jours à configurer les logiciels en fonction de la capacité d’accueil de ces établissements.

Stanislas Niox-Chateau, cofondateur et président de Doctolib, a assuré mardi au micro de Franceinfo, que la prise de rendez-vous en ligne sera « très simple, très accessible ». Les deux rendez-vous pour les deux injections pourront être pris « en même temps » sur la plateforme. Les personnes concernées pourront aussi se faire accompagner de leurs proches dans ces démarches, ou appeler directement par téléphone, ajoute Stanislas Niox-Chateau. C’est en fait « une expérience très similaire à ce que des dizaines de millions de Français ont sur Doctolib aujourd’hui pour leurs professionnels ou leurs établissements de santé », continue-t-il.

Doctolib fournit la technologie aux centres et les épaule, mais « chaque centre de vaccination sera équipé d’un logiciel de gestion qui leur permettra d’optimiser cette campagne de vaccination, parce que des millions de rendez-vous vont être pris », assure le président de Doctolib.

Pour lui, la plateforme est prête pour l’étape suivante, qui consistera à autoriser les médecins généralistes à vacciner les populations éligibles. « On travaille depuis deux mois avec l’Etat allemand, l’Etat français, mais aussi avec les médecins généralistes pour avoir une solution pour gérer la vaccination. Cette solution est prête. Dès que les médecins généralistes seront autorisés à gérer la vaccination, ils pourront utiliser la même solution de prise de rendez-vous et de gestion de la vaccination Covid-19 », indique Stanislas Niox-Chateau.

Tousanticovid passe au second plan

Cette campagne de vaccination contre la Covid-19 met de côté l’application de traçage Tousanticovid, qui dépasse désormais le seuil des 12 millions de téléchargements, après un démarrage poussif et décrié de la première mouture Stopcovid au printemps dernier. En début de semaine, Cédric O a formellement annoncé l’abandon de la piste Tousanticovid pour la vaccination, après que Olivier Véran a annoncé une semaine plus tôt la possibilité de se « pré-inscrire » à la campagne de vaccination par le biais de l’application du gouvernement.

Comment expliquer ce changement de cap ? Les difficultés semblent avant tout techniques. Selon des informations de BFMTV, Tousanticovid aurait dû se connecter aux diverses plateformes de prises de rendez-vous utilisées par les professionnels de santé. Or, ce développement assez complexe était dans les faits incompatible avec l’urgence de la campagne de vaccination.

Il est aussi aisé d’imaginer que les plus de 70 ans (la tranche d’âge éminemment concernée par la fracture numérique) ne sont pas la cible principale de Tousanticovid, ne possédant parfois même pas de smartphone.

Si la piste Tousanticovid est mise aux oubliettes pour organiser la prise de rendez-vous, l’application va tout de même rendre disponible la cartographie de tous les centres de vaccination et informera les utilisateurs de l’état de la campagne, a assuré le secrétaire d’Etat chargé du numérique.

Le signe d’un succès en demi-teinte pour Tousanticovid ?

En dépit de la hausse fulgurante du nombre de téléchargements en l’espace de quelques mois, Tousanticovid n’atteint toujours pas la barre fixée à 15 millions d’utilisateurs. Cédric O concède que ce chiffre reste largement insuffisant pour en faire un outil pleinement efficace. « 12,2 millions c’est très bien, mais si on voulait que ça ait un impact systématique, il faudrait que ce soit supérieur, autour de 15 millions de personnes minimum. On pousse les gens à la télécharger et à ne pas la désactiver », explique-t-il sur Europe 1. « Avec le vaccin, on pourrait être tenté de se dire que c’est fini, mais ce n’est pas le cas. On a besoin que les gens continuent à la télécharger. »

Si le nombre de téléchargements est évocateur, il n’est pas le seul élément à prendre en compte pour juger de l’efficacité de l’application. Comme le révélait une enquête de La Tribune en décembre dernier, il y a un fossé entre le nombre de téléchargements et les chiffres réels d’utilisation. Autrement dit, l’application n’est pas aussi efficace qu’elle n’est populaire.

Si aucune étude d’impact n’a été rendue publique à date, seuls 3 % des cas positifs se déclarent dans Tousanticovid, évoque La Tribune. Pour connaître le nombre réel d’utilisateurs, il faudrait également soustraire les désinstallations, ce qui n’est pas fait, selon le média, qui soutient que 6,5 millions de Français utiliseraient en réalité l’application. Un chiffre bien en-deçà des annonces officielles.

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