Les géants américains tournent le dos à Donald Trump

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Les géants américains tournent le dos à Donald Trump

Plus dure sera la chute. Alors que le président américain Donald Trump est aujourd’hui sous le feu des critiques pour son rôle dans l’attaque du Capitole par ses partisans, survenue la semaine passée, voilà qui ne devrait pas arranger ses affaires. Comme le rapporte ce lundi le Wall Street Journal, le président républicain a en effet vu ses comptes de campagnes suspendus par Stripe, la société qui gère les paiements par carte de crédit sur son site web de campagne et ses différentes collectes de fonds.

La plateforme accuse le président et son administration d’encourager à la violence. Et de rappeler que Stripe demande aux utilisateurs de s’engager à ne pas accepter de paiements pour des activités « à haut risque », y compris pour toute entreprise ou organisation qui « s’engage dans, encourage, promeut ou célèbre la violence illégale ou les dommages physiques aux personnes ou aux biens ».

Mais il n’y a pas que Donald Trump qui se trouve dans le viseur des plateformes américaines. Le réseau social “libre” Parler fait également beaucoup parler de lui. Alors que ce dernier est très prisé de l’extrême-droite américaine et des supporters de Donald Trump, qui l’abreuvent de discours complotistes et ouvertement racistes, il suscite aujourd’hui de nombreuses critiques outre-Atlantique.

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Parler dans le viseur

Signe de cette défiance grandissante, Google vient de le retirer de sa boutique d’applications, après que la preuve a été faite en ligne que ses membres planifiaient ouvertement des actes de violence contre des membres des forces de l’ordre à l’occasion de la prochaine cérémonie de prise de fonctions de Joe Biden, le successeur de Donald Trump à la Maison blanche, qui se tiendra le 20 janvier prochain.

« Afin de protéger la sécurité des utilisateurs sur Google Play, nos politiques de longue date exigent que les applications affichant du contenu généré par les utilisateurs aient des politiques de modération et une application qui supprime les contenus flagrants comme les messages qui incitent à la violence », explique un porte-parole de Google interrogé par ZDNet ce samedi. « Tous les développeurs acceptent ces conditions et nous avons rappelé à Parler cette politique claire au cours des derniers mois », a fait savoir la direction du géant américain.

« Nous sommes conscients de la poursuite de publications dans l’application Parler cherchant à inciter à la violence aux Etats-Unis. Nous reconnaissons qu’il peut y avoir un débat raisonnable sur les politiques de contenu et qu’il peut être difficile pour les applications de supprimer immédiatement tout contenu violent, mais pour que nous puissions distribuer une application par le biais de Google Play, nous exigeons que les applications mettent en œuvre une modération robuste pour les contenus flagrants », indique-t-elle également.

De complications en complications

Résultats des courses : « compte tenu de cette menace permanente et urgente pour la sécurité publique, nous suspendons les inscriptions de l’application sur le Play Store jusqu’à ce que ces problèmes soient résolus », relève la direction de Google. Le géant américain n’est pas le seul à durcir sa position vis-à-vis de Parler. Ce samedi, plusieurs médias technologiques ont rapporté qu’Apple avait déjà émis un avertissement de 24 heures à l’application Parler, demandant à son personnel de mettre en œuvre une politique de modération du contenu ou de faire face à une suspension de l’App Store.

La suspension du Play Store de Google de l’application Parler s’ajoute à une vague d’interdictions sur les principaux réseaux sociaux. Sur Twitter, le compte personnel de Donald Trump, ainsi que les comptes de plusieurs personnalités politiques de droite et de dirigeants QAnon, ont ainsi été supprimés. Le président américain a également vu ses comptes personnels sur Facebook, Instagram, Twitch ou Shopify suspendus. Enfin, les comptes de supporters du futur ex-président américain ont également été supprimés sur Discord, Reddit ou Youtube.

Twitter a justifié la suspension définitive du compte du président des Etats-Unis Donald Trump (fort de 88 millions d’abonnés) en indiquant dans un article de blog qu’« après avoir examiné de près les récents tweets du compte @realDonaldTrump et le contexte qui les entoure – en particulier la façon dont ils sont reçus et interprétés sur et hors Twitter – nous avons suspendu définitivement le compte en raison du risque de nouvelles incitations à la violence ».

AWS serre la vis

A noter que l’interdiction du Play Store ne signifie pas que l’application Parler ne fonctionnera plus. L’application continuera à fonctionner sur les téléphones des utilisateurs qui l’ont déjà installée, et les nouveaux utilisateurs pourront télécharger de nouvelles versions de l’application depuis d’autres magasins tiers.

Si ces interdictions successives ne posaient pas de risques pour Parler, le réseau social doit maintenant faire face à de plus grandes complications. Dans la foulée des autres géants américains du numériques, Amazon Web Services vient ainsi de couper les serveurs Parler, rendant la plateforme inaccessible, a indiqué le PDG du réseau social John Matze. « Il est possible que Parler ne soit pas disponible sur internet pendant une semaine, car nous devons tout reconstruire à partir de zéro », avertit ce dernier.

Dans une lettre adressée à Parler et dont l’existence a été confirmée par Amazon, AWS explique avoir constaté une augmentation constante du contenu violent sur son site et qu’« il est clair que Parler ne dispose pas d’un processus efficace pour se conformer aux conditions de service d’AWS ».

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