Les Français et la SVOD

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Le premier observatoire de la VOD date de 2005, une éternité ! Dans la première étude réalisée en décembre 2006 « Pratique de la VOD en France », réalisée par le CNC, on pouvait lire : « La pénétration de la vidéo à la demande est ainsi d’autant plus forte que le rythme de fréquentation des salles est soutenu. Les assidus du cinéma sont en proportion nettement plus nombreux à utiliser les services de vidéo à la demande. » Un sujet qui est toujours d’actualité à l’heure du confinement, de la fermeture prolongée des salles et de l’opposition systématique des deux modes de visionnage des films. Le CNC concluait son étude ainsi : « Au total, près de la moitié des internautes (45,6 %) pourraient à moyen terme devenir des usagers de la vidéo à la demande. » Aujourd’hui, la VOD et la SVOD sont entrées dans nos habitudes de consommation et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

La France à la traîne

Dans « l’Observatoire de la vidéo à la demande 2020 » le CNC souligne que les Français ne sont pas très accrocs aux services de télévision payants : le taux de pénétration de la télévision payante est de 34% en France quand il atteint 42% au Royaume-Uni ; et ne sont pas les plus fans de SVOD du monde puisque la France se classe bonne dernière avec 62 % de taux de pénétration derrière l’Allemagne (64%), l’Italie (73%) ; l’Espagne (76%), le Royaume-Uni (78%) et les Etats-Unis (83%). Il y a d’ailleurs une corrélation entre Pay TV et SVOD : les SVODistes sont plus nombreux que la moyenne à être abonnés à une offre de Pay TV en plus de leur abonnement SVOD (taux de pénétration de 31% en moyenne quotidienne et 65% chez les SVODistes). 

Même si la France est en retrait par rapport à ses voisins, la SVOD provoque une redistribution des cartes sur le marché de la consommation de la vidéo comme en témoignent les chiffres prévisionnels pour 2020.

300 millions d’investissement dans la création pour les plateformes

L’arrivée de la SVOD sur le marché a généré un comportement ambivalent des acteurs français : d’un côté la profession se plaint de l’importance prise par la SVOD et par les plateformes américaines et de l’autre côté cette même profession attend la mise en place du décret SMA (Services de Médias Audiovisuels) afin de faire contribuer ces plateformes au financement de la création. Le CNC estime que les services de SVOD, principalement américains, ont investi 52 millions d’euros dans la création française en 2019, 86 millions d’euros en 2020 et plus de 230 millions d’euros en 2021. 

Le CNC estime que la contribution de Netflix pour 2020 sera de 71 millions d’euros, soit environ 8% de son chiffre d’affaires France. En 2021, ce montant grimpera à 164 millions d’euros pour Netflix, 37 millions pour Amazon Prime Video et 30 millions pour Disney+, des chiffres confirmés par la ministre de la Culture Roselyne Bachelot en fin de semaine dernière. L’investissement des plateformes pourrait atteindre 300 millions d’euros en 2024. Par comparaison, la TST-E, la taxe sur la télévision due par les chaînes est estimée à 233 millions pour 2020 et la TST-D, la taxe sur la télévision due par les distributeurs devrait atteindre 223 millions. C’est dire l’importance du rôle des services de SVOD pour financer la création dès 2021.

La SVOD pèse 70% du marché vidéo

Alors que le marché physique voit son déclin accélérer puisque le CNC estime que le marché du DVD atteindra 256 millions d’euros de recettes en 2020, en repli de 37%, le marché du streaming va atteindre son plus haut historique à 1,46 milliard d’euros de recettes, en hausse de 34% par rapport à 2019. Alors que le marché de la VOD représentait 5% du marché de la vidéo en 2008, il pèse 85% à fin 2020. 

Le CNC table sur une croissance de 15% du marché total, qui devrait atteindre 1,72 milliard d’euros de recettes fin décembre. La dynamique du marché du streaming diffère selon le mode d’exploitation : l’EST (ou achat dématérialisé) réalisera 89 millions d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 11% par rapport à 2019 ; la TVOD (ou location transactionnelle à l’acte) réalisera 160 millions d’euros de recettes, un chiffre identique par rapport à 2019 ; enfin, la SVOD (abonnement) atteindra le chiffre d’affaires record de 1,22 milliard d’euros, en hausse de 43% par rapport à 2019. A elle seule, la SVOD pèse désormais 70% du chiffre d’affaires du marché vidéo français.

Netflix continue de dominer le marché français malgré un léger infléchissement en octobre (-2,6 points), suivi par Amazon et Disney+ qui fait rapidement son retard sur le site de e-commerce. On trouve ensuite un trio tricolore composé d’Orange avec son offre de VOD locative, Canal VOD et Canal Séries (abonnement) et enfin Arte VOD.

L’impact du confinement sur la SVOD

Les chiffres publiés par le CNC basés sur le baromètre de la consommation SVOD de Médiamétrie montrent que le premier confinement a provoqué une hausse du nombre d’utilisateurs quotidien de la SVOD de l’ordre de 2 millions qui sont donc passés de 4 à 6 millions en quelques semaines. Depuis, le marché s’est stabilisé autour de 5 millions d’utilisateurs quotidien, avec une nouvelle tendance à la hausse suite au deuxième confinement. La durée moyenne de visionnage par jour dépasse 2h00 chez les SVODistes avec un pic pour les 25-34 ans à 2h22. 

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