Les forains organisent une opération escargot ce lundi matin à Paris – Le Parisien

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C’est un SOS en forme d’opération escargot que lanceront ce lundi matin les forains. A l’initiative de la fédération française des forains (FFF) créée en 2019, une soixantaine de patrons de manèges se retrouveront à bord de leur camion à 8 heures et demie cours de Vincennes (XIIe) d’où ils rejoindront le périphérique extérieur puis l’autoroute A 6 où ils rouleront jusqu’au péage de Saint-Arnoult (Yvelines).

Si la plupart des 5 700 entreprises foraines recensées par la FFF sont aujourd’hui en difficultés, c’est parce que depuis le début de l’épidémie, en mars, nombre de fêtes foraines – à l’exception de celle des Tuileries (Ier) en juillet-août et de la fête à Neu-Neu (4 septembre-11 octobre) au bois de Boulogne (XVIe) – ont été annulées.

« J’ai perdu 70% de mon chiffre d’affaires »

Patron d’un stand de jeux à la fête à Neu-Neu, Gary Le Foll a vite fait ses comptes: «De la foire du Trône (avril-mai) à la fête des Loges (juillet-août) à Saint-Germain en Laye (Yvelines), en passant par Clamart (Hauts-de-Seine), Levallois (Hauts-de-Seine) et Colombes (Hauts-de-Seine), cinq fêtes auxquelles je participe habituellement ont été supprimées. Voilà pourquoi la fête à Neu-Neu est ma première de l’année! Sans compter l’annulation déjà annoncée de la fête d’Houilles (Yvelines) en octobre et de la foire Saint-Martin en novembre à Pontoise (Val d’Oise). Résultat: depuis le début de 2020, j’ai perdu 70% de mon chiffre d’affaires par rapport à 2019».

Et d’ajouter: «Certes, nous avons plutôt bien travaillé au bois de Boulogne en septembre. Mais depuis dix jours, la fréquentation a chuté car la jauge maximale autorisée par les autorités à cause du coronavirus est passée de 5 000 à 1 000 personnes. Et la pluie depuis deux semaines n’arrange pas nos affaires!»

Les incohérences des pouvoirs publics pointées du doigt

Forain depuis 8 générations et membre de la FFF, Bruno Proost reconnaît que «toutes les fêtes n’ont pas été annulées» et que «celles qui ont eu lieu ont bien fonctionné car les clients étaient au rendez-vous et même surpris du professionnalisme des gérants de manèges qui les accueillent en respectant le protocole sanitaire». Et poursuit: «Nous comprenons le contexte sanitaire. Mais nous ne comprenons pas pourquoi le gouvernement nous empêche de travailler». Pointant «les incohérences des pouvoirs publics qui annulent les fêtes foraines en plein air mais laissent ouverts les parcs d’attractions, galeries marchandes, grands magasins, métro où l’affluence est maximale», il dénonce «le traitement discriminatoire subi par les forains».

/Ph.B.
/Ph.B.  

Propriétaire de quatre manèges fixes actuellement en activité dans quatre villes franciliennes qui ne représentent que 20% de son activité, Bruno Proost, dont les quatre salariés ont bénéficié du chômage partiel pendant le confinement, tire l’essentiel de ses revenus des fêtes foraines pour enfants qu’il produit en Ile-de-France. «Comme toutes ont été annulées par décision administrative depuis le début de l’épidémie, mes revenus sont proches de zéro», confie-t-il.

Ils réclament une concertation avant toute annulation de fête

Se considérant comme «les oubliés de la crise», les forains auxquels se joindront des représentants du monde du cirque, ont décidé de manifester leur mécontentement ce matin. Au premier rang de leurs revendications, les patrons de manèges et stands de confiseries réclament «une concertation avec les préfectures et mairies avant toute décision d’annulation de fête». Ils demandent ensuite «des mesures d’accompagnement et d’indemnisation à hauteur des pertes subies», «la création d’un fond de solidarité universelle pour survivre» et «l’annulation des charges, notamment des droits de place dus aux municipalités et l’exonération de la TVA».

A l’instar de Gary Le Foll et Bruno Proost qui en ont bénéficé jusqu’au début de l’été, les forains les plus en difficultés ont néanmoins perçu une aide de 1 500 € pour chaque mois au cours duquel ils ont réalisé moins de la moitié de leur chiffre d’affaires par rapport à la même période de 2019. Dernière requête qui n’est pas que symbolique: les forains demandent à être rattachés à un ministère de tutelle. «Pourquoi pas la Culture? Ou l’Economie? Au-delà de la question de la reconnaissance, il s’agit surtout d’avoir des interlocuteurs pour faire face à la crise», conclut Bruno Proost.

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