Selon le décompte effectué sur Facebook par les bénévoles de la page « Féminicides par compagnons ou ex », trente femmes ont été tuées depuis le début de l’année, soit une victime tous les deux jours.

Par Solène Cordier Publié aujourd’hui à 06h20, mis à jour à 09h06

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Mémorial en souvenir des femmes victimes de violences domestiques en 2017 à Nantes.

Mémorial en souvenir des femmes victimes de violences domestiques en 2017 à Nantes. DAMIEN MEYER / AFP
A L’Ile-Rousse et à Ajaccio, deux marches blanches sont organisées, samedi 9 et dimanche 10 mars, à la mémoire de Julie Douib. Agée de 35 ans, cette mère de deux enfants a été abattue à son domicile de L’Ile-Rousse (Haute-Corse), le 3 mars, par son ex-conjoint.

« Nous la citons, nous ne l’oublierons pas… Nous pensons à ses deux enfants, à sa famille, à ses ami(e)s et proches, et à toutes ces existences dévastées par le terrorisme patriarcal conjugal et familial, par ces féminicides perpétrés dans une indifférence médiatique, politique et sociétale, généralisée, révoltante et complice », peut-on lire en guise d’éloge funèbre sur la page Facebook Féminicides par compagnons ou ex.

« On est sidérées devant ces chiffres »

Une poignée de bénévoles épluche chaque jour les journaux régionaux et nationaux pour répertorier les meurtres conjugaux, et les relayer sur cette page. L’objectif : « Rendre un hommage individuel » à ces femmes, mais aussi « montrer que ce ne sont pas des cas isolés mais des victimes d’un véritable fléau social ». Chaque fois, un court texte donne quelques informations avant de renvoyer vers un article de presse.

Selon les militantes qui œuvrent à ce mausolée virtuel, Julie Douib est la trentième femme, depuis le début de l’année, à être victime d’un féminicide conjugal. En 2018, à la même date, dix-huit cas étaient recensés. « On est sidérées devant ces chiffres », confie l’une des administratrices de la page, bien qu’il soit impossible d’en tirer des conclusions à ce stade. Selon leur décompte, une femme a donc été tuée tous les deux jours dans le cadre conjugal depuis le 1er janvier, le plus souvent lors de séparations.

Jusqu’à présent, les statistiques officielles faisaient état d’une femme tuée tous les trois jours. Selon les dernières dont on dispose, 130 morts violentes de femmes au sein du couple ont été enregistrées en 2017. Un chiffre relativement stable depuis plusieurs années, mais « qui ne comptabilise pas les suicides provoqués par les violences conjugales et les décès à l’issue d’hospitalisations de longue durée », tient à préciser Annie Guilberteau, directrice générale de la Fédération nationale des centres d’information sur les droits des femmes et des familles (FNCIDFF).