Les conditions de marché se compliquent pour les deux grands constructeurs mondiaux que sont Samsung et Apple. Sur la région EMEA, comme dans le reste du monde, la tendance demeure inchangée et profite directement aux fabricants chinois.

Malgré la contraction des livraisons, ces industriels, et en particulier Huawei et Xiaomi, parviennent à accroître fortement leur part de marché, au détriment d’Apple et, dans une moindre mesure, de Samsung. Et au premier trimestre 2019, c’est la firme de Cupertino qui souffre le plus.

La baisse de la demande profite à Huawei et Xiaomi

Sur la période, les livraisons ont reculé de 3,3% à 83,7 millions d’unités. Pour Apple, la chute est donc nettement plus brutale avec un plongeon sur un an d’un peu plus de 22%. Si Samsung enregistre une baisse de ses livraisons de 6,8%, il parvient cependant à préserver sa part de marché (29,47%).

Quant à Huawei, désormais deuxième constructeur de la zone EMEA, il a écoulé 66,13% de smartphones en plus sur ce marché et gagne ainsi un peu plus de 10 points de part de marché en l’espace d’un an.

Pour IDC, les changements observés au cours des derniers trimestres ne sont pas surprenants. “Les livraisons ont ralenti car les consommateurs conservent plus longtemps leurs terminaux, Apple a été challengé avec ses derniers appareils, et les fabricants chinois ont réalisé des progrès chaque trimestre.”

L’avenir semble cependant plus incertain selon le cabinet. Au cours des derniers trimestres, l’Europe a été au cœur de la concentration des constructeurs, soumettant les plus petits acteurs “à de fortes pressions”.

“En ce qui concerne l’avenir, il n’est plus possible de voir des tendances claires comme avant” note Simon Baker d’IDC. La sanction des Etats-Unis à l’encontre de Huawei est un moteur de cette incertitude.

Et la 5G ne devrait pas permettre un redressement rapide des livraisons de smartphones en Europe. IDC table ainsi sur une adoption plus lente que pour la 4G. Même si des smartphones 5G haut de gamme seront disponibles d’ici la fin de l’année, les opérateurs mobiles auront fort à faire pour convaincre les consommateurs de la nécessité de renouveler leurs terminaux alors que la 4G est largement déployée et satisfaisante en termes de débits.