« Les étudiants pourraient être en présentiel à 50 % à partir de la mi-mai », déclare Frédérique Vidal – 20 Minutes

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La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, à Paris le 14 janvier 2021. — Jacques Witt/SIPA
  • Alors que de nombreux étudiants s’apprêtent à passer des examens ou des concours, la ministre de l’Enseignement supérieur précise leurs modalités à 20 Minutes.
  • Elle revient aussi sur la fronde des étudiants de BTS, qui réclament d’être évalués en contrôle continu.
  • Si 60 % des étudiants viennent un jour par semaine à l’université, comme ils le sont autorisés, ils pourraient bientôt pouvoir être davantage en présentiel.

Les étudiants n’entrevoient pas encore le bout du tunnel, mais des perspectives leur sont données. S’ils sont déjà autorisés à revenir une journée par semaine à l’université, ils pourraient l’être beaucoup plus dès la mi-mai, comme l’annonce la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, à 20 Minutes. Elle précise aussi les modalités des examens et des concours, tout en s’exprimant sur la réussite étudiante.

Quand les examens pourront-ils à nouveau se tenir en présentiel ?

Actuellement, tous les examens nationaux et les concours d’accès aux écoles sont maintenus. Mais les examens terminaux dans les universités pour l’obtention des diplômes ont été suspendus. A priori, ils vont pouvoir reprendre à compter du 3 mai, selon les modalités de contrôle des connaissances qui ont été validées par les établissements : en présentiel, à distance ou via la remise d’un rapport. Sur la session du premier semestre, 30 à 40 % des examens ont eu lieu en présentiel. Ils seront un peu plus nombreux au second semestre. Car l’an dernier, on a beaucoup entendu – à tort – que lorsque les épreuves étaient à distance, le diplôme avait une moindre valeur.

Des étudiants en BTS réclament depuis plusieurs semaines l’annulation de leurs examens au profit du contrôle continu, estimant que la situation sanitaire ne leur permet pas de les préparer, ni de les passer dans de bonnes conditions. Pourquoi leur opposez-vous un refus ?

L’an dernier, comme l’ensemble des établissements étaient fermés pendant les examens, le choix avait été fait de fonder l’évaluation entièrement sur le contrôle continu. Ce qui était complexe, car les élèves de BTS des lycées hors contrat, les candidats libres et une partie des apprentis ne disposaient pas de notes de contrôle continu. Cette année, la solution la plus juste pour tout le monde est le maintien d’épreuves communes qui permettent de rassurer les étudiants sur la valeur du diplôme. Par ailleurs, tout étudiant qui aura été empêché pour des raisons de santé ou qui aura échoué à la première session aura droit de se présenter à une session de remplacement, qui aura lieu au début du mois de juillet.

Plusieurs témoignages font état d’étudiants positifs au Covid-19 ou cas contact qui sont venus composer. Pourquoi les candidats ne sont-ils pas tenus de produire un test négatif à l’entrée de la salle d’examen ?

Tout d’abord parce qu’il s’agirait de révéler une information sur leur état de santé, qui relève du domaine privé. Et dans l’immense majorité des cas, les étudiants sont très responsables. Ce qui important, c’est que l’on puisse leur assurer une deuxième chance s’ils sont malades. Et l’organisation des examens garantit qu’il n’y aura pas de contamination, même si quelqu’un est malade sans le savoir, via la distance entre les tables, le port du masque, l’aération des salles, la présence du gel hydroalcoolique. D’ailleurs, les milliers d’examens qui se sont déroulés entre la fin de l’année dernière et aujourd’hui n’ont provoqué aucun cluster. Ce qui est la preuve que les protocoles sanitaires pour les examens fonctionnent.

Mais des photos ont montré des étudiants massés devant des salles d’examens…

Nous avons mis en place des consignes très claires pour les centres d’examens. Les candidats doivent être convoqués à des heures différentes pour permettre des arrivées et des départs échelonnés. Ils ne doivent pas s’amasser non plus devant les centres d’examens pour ne pas créer d’attroupement.

Certains étudiants malades ou cas contact ne pourront pas passer un concours et se plaignent de ne pas avoir droit à une deuxième chance. Que leur répondez-vous ?

On ne comptera pas l’année où ils n’ont pas pu se présenter pour des raisons médicales, afin de leur permettre de repasser le concours. Mais il n’est pas possible de créer une autre session pour les écrits car cela entraînerait une rupture d’égalité entre les candidats. Certains pourraient dire qu’ils auraient mieux réussi l’épreuve avec le sujet de la première session et réciproquement. Mais pour les oraux d’un concours, il peut être envisagé de les décaler.

Les épreuves orales du concours Sésame ont été annulées à la suite d’incidents techniques et remplacées par l’étude du dossier scolaire, entraînant une perte de chances pour certains candidats. Qu’en pensez-vous ?

C’est de la responsabilité des écoles qui les organisent. Je ne doute pas qu’elles soient attentives aux demandes des étudiants. L’objectif de toutes les équipes pédagogiques est de faire en sorte que la particularité de cette année soit prise en compte.

Depuis fin janvier, les étudiants peuvent venir un jour par semaine à l’université. Le font-ils ?

En moyenne, 60 % reviennent. Les autres restent complètement en distanciel car ils ont rendu un appartement et habitent désormais trop loin de leur lieu de formation. Ou parce qu’ils ont trouvé un équilibre en suivant les cours à distance.

Auront-ils bientôt droit à davantage de cours en présentiel ?

Un protocole sur lequel nous avons travaillé prévoit que les étudiants pourraient être en présentiel à 50 %, à partir de la mi-mai ou de la fin-mai, en fonction de la retombée du pic épidémique. Mais comme on est un peu tard dans l’année, beaucoup d’établissements vont entrer dans la phase d’évaluation. Cela pourrait donc concerner certaines formations qui s’étendent jusqu’à la fin du mois de juin et de juillet. Les établissements vont aussi être dotés de milliers d’autotests d’ici à la semaine prochaine pour les personnels et les étudiants afin de renforcer la sécurité sanitaire des établissements. Notre objectif étant un retour en présentiel à la rentrée.

La Conférence des présidents d’universités a affirmé ne pas constater de décrochage massif des étudiants à l’issue du premier semestre. Avez-vous des chiffres permettant de l’attester ?

Oui, le taux de présence aux examens était de 90 %, soit à peu près le même étiage que les années précédentes. Et les résultats du premier semestre montrent que la réussite n’est pas moins bonne, sauf sur quelques masters.

Mais le nombre de candidats en réorientation a augmenté sur Parcoursup (ils sont 182.000 cette année). N’est-ce pas le signe des difficultés qu’ils ont rencontrées cette année ?

Les demandes de réorientation ont augmenté de 5 %. Cela s’explique par un effet statistique, car le taux de réussite au bac a été exceptionnel (95,7 %). Certains jeunes qui ne s’attendaient pas à avoir leur bac n’ont pas totalement réussi leur orientation.

Début avril, des députés de la majorité présidentielle ont demandé à Emmanuel Macron d’ouvrir, dès le même mois d’avril, la vaccination aux étudiants. Demande qui a été rejetée. Seront-ils les derniers sur la liste ?

La stratégie vaccinale a été de prioriser les gens qui se retrouvent en soins intensifs, et qui sont rarement jeunes. Vacciner les 18-25 ne baisserait absolument pas la pression sur le système hospitalier. Mais on peut estimer qu’à l’été, la vaccination leur sera ouverte.

La précarité étudiante augmente. Une revalorisation des montants des bourses sur critères sociaux est-elle prévue ?

Il faut repenser le système d’allocation des aides sociales aux étudiants, car aujourd’hui, beaucoup de jeunes sont à la limite de pouvoir bénéficier des aides. Et dans une période de crise, cela devient compliqué pour eux. On va donc revoir les critères d’attribution des bourses, mais rien n’est encore acté. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura aucune augmentation des droits d’inscription.

Combien d’étudiants ont bénéficié des chèques psy ?

En moyenne, 3.000 étudiants sont pris en charge chaque semaine. Et ce dispositif peut encore monter en charge. Nous le conserverons jusqu’à la fin de l’année universitaire et même au-delà, si les étudiants en ont encore besoin à la rentrée.

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