«Demain les Etats-Unis vont suspendre leurs obligations dans le cadre du traité INF» sur les armes nucléaires de portée intermédiaire, «et lancer le processus de retrait», a annoncé Donald Trump dans un communiqué.

Coup de froid sur le processus de désarmement nucléaire à l’échelle de la planète. En se retirant d’un traité de désarmement nucléaire crucial avec la Russie, accusée de violer ce texte signé lors de la Guerre froide, les Etats-Unis risquent de relancer une nouvelle course aux armements.

Moscou dénonce

Le retrait sera effectif «dans six mois, à moins que la Russie respecte ses obligations en détruisant tous ses missiles, lanceurs et équipements qui violent le texte», a ajouté le président américain.

Moscou, qui rejette des accusations «sans fondement», a aussitôt dénoncé la «stratégie des Etats-Unis» qui consiste à ses yeux à «s’affranchir de leurs obligations juridiques internationales».

Un contentieux vieux de 4 ans

Les premières accusations de violations russes avaient été lancées sous la présidence de Barack Obama, en 2014, et l’actuel locataire de la Maison Blanche avait dès octobre évoqué une sortie de ce traité signé en 1987 entre l’URSS et Washington pour abolir les missiles terrestres d’une portée de 500 à 5.500 km.

Début décembre, depuis Bruxelles et avec le soutien de l’Otan, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait donné à la Russie 60 jours, jusqu’à ce samedi 2 février, pour démanteler ses nouveaux missiles de longue portée violant le traité selon les Américains et l’Alliance atlantique. Faute de quoi, il avait menacé de lancer la procédure de retrait.

Les nombreuses discussions des deux derniers mois n’ont permis aucun progrès. Et peu d’observateurs envisagent une percée d’ici le retrait définitif des Américains, début août.

Les craintes de relance de course à l’armement

Dans l’opposition démocrate au président Trump, certains, comme le président de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants Adam Schiff, ont aussi mis en garde contre une «escalade des armes nucléaires», ce qui pourrait «déstabiliser les équilibres stratégiques en Europe, en Asie et ailleurs». «S’il y a une course aux armements, c’est la Russie qui l’a lancée», a répondu un haut responsable américain, soulignant aussi que le traité ne concernait même pas les missiles chinois ou iraniens.

L’Otan a appuyé «pleinement» la «démarche» américaine, appelant Moscou à revenir dans les six prochains mois à «un respect total et vérifiable» de ses obligations.

Le président russe Vladimir Poutine a d’ores et déjà promis de développer, dans un tel cas de figure, de nouveaux missiles balistiques de portée intermédiaire.

Selon Eugene Rumer, ancien du renseignement américain, «ni l’administration Trump ni le gouvernement russe ne semblent être intéressés par la sauvegarde» de ce traité signé à la fin de la Guerre froide par le dernier dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, et le président américain de l’époque, Ronald Reagan.