Les emplois de service peu menacés par les robots

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Les emplois de service peu menacés par les robots

Un rapport sénatorial s’est penché sur les transformations des métiers et des compétences engendrées par la révolution technologique dans ce secteur. Le rapport d’information “Demain les robots : vers une transformation des emplois de service”, présenté en novembre dernier par les sénateurs Marie Mercier et René-Paul Savary de la délégation à la prospective du Sénat, a fait l’objet, ce jeudi 9 janvier, d’un débat en séance.

Les machines intelligentes gagnent du terrain dans l’agriculture, les domaines de la logistique, des transports, de la sécurité et de la défense, ou encore de la santé et du tourisme. La robotisation est déjà à l’oeuvre notamment dans les commerces et les services, où des robots répondent à des questions clients et assurer certaines tâches commerciales simples.

Alors que les emplois de services représentent un peu plus de 75% de l’emploi en France, seuls 10 à 15% des emplois seraient susceptibles d’une automatisation totale, évoque le rapport. Aussi, la crainte d’un chômage de masse s’avère “infondée”, souligne la sénatrice Marie Mercier, dans l’hémicycle.

En revanche, “de très nombreux emplois vont être transformés par l’automatisation”, assure la rapporteure. Et en particulier les emplois dits “intermédiaires”. Le rapport avance un risque de “polarisation” du marché du travail, au profit de l’emploi “très qualifié” et “non qualifié”.

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Fragilisation de la protection sociale ?

“Aucune technologie ne peut être neutre car elle porte en elle une vision du monde”, note Mme Mercier.

L’une des questions posées par le rapport concerne notamment la fragilisation du financement de la protection sociale. Ainsi, l’une des 10 recommandations formulées par les sénateurs concerne l’intégration dans les négociations sociales en entreprises de la question de l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle et de robots et de leur impact sur les conditions de travail.

Face aux pistes de réflexion soulevées sur la valeur du travail, l’idée de taxer les robots est toutefois écartée par le gouvernement.

Accélération des formations

Anticiper la transformation numérique, c’est aussi et surtout miser sur les formations, qui, selon le rapport sénatorial, sont le “maillon stratégique d’une transition vers une économie de services faisant collaborer efficacement des hommes et des machines.”

Une pénurie de compétences spécialisées dans la robotique, l’intelligence artificielle et dans les nouveaux métiers de la donnée se fait notamment sentir. “Aujourd’hui, 3 à 5% des emplois sont consacrés au numérique, demain c’est 80 000 emplois qui risquent de manquer”, cite en exemple le sénateur René-Paul Savary.

C’est d’ailleurs sur ce point essentiel que le gouvernement souhaite agir. Selon Marc Fesneau, ministre chargé des relations avec le Parlement, 756 000 postes sont à pourvoir par des experts du numérique en 2020 sur le territoire européen, dont 212 000 rien qu’en France.

Un retard français dont le gouvernement a bien conscience. En outre, la bataille de l’IA va se jouer au niveau européen, estime le ministre, pointant du doigt l’avancée majeure de la Chine et des Etats-Unis en la matière, qui investissent chacun près de 40 milliards d’euros par an.

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