« Les contraintes sanitaires imposées aux festivals de musique les font changer de nature. Elles les normalisent » – Le Monde

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Lors des 28es Eurockéennes de Belfort, en juillet 2016.

Chronique. Une année de disette se profile en mars pour les concerts rock, pop, rap et techno où les spectateurs se tiennent debout et dansent. Qu’ils soient deux cents dans une salle noire ou qu’ils communient par milliers sur le pré à ciel ouvert. Triste anniversaire. Les cinémas et les théâtres ont pu retrouver des couleurs entre deux confinements mais pour eux rien ou pas grand-chose.

La filière rock a campé, comme d’autres, sur des postures qui ont mené nulle part. Du genre : « Le concert est un commerce essentiel », « moins dangereux qu’un supermarché », « à l’agonie », « central pour l’économie », « vital pour la jeunesse ». L’indignation s’est fracassée sur un mur, celui de l’Etat, qui a les yeux rivés sur les chiffres de la pandémie, se méfie aussi de foules et de musiques jugées turbulentes.

Pas question de prime au plein air

Depuis quelques semaines, l’industrie musicale et les festivals changent d’approche : le Covid-19 étant toujours là, ils collaborent avec les autorités scientifiques afin de cerner leur dangerosité. « Il y a une bascule », reconnaît Jean-Paul Roland, directeur du festival Eurockéennes de Belfort. Pour preuve les concerts-tests qui vont avoir lieu en mars à Marseille et en avril à Paris, avec des spectateurs-cobayes, debout et masqués, qui pourront gesticuler, mais seront suivis comme le lait sur le feu par des médecins, avec test Covid-19 avant et après le spectacle (les positifs pourront assister au concert).

Mais voilà, le ministère de la culture a défini, jeudi 18 février, les conditions dans lesquelles les gros festivals rock pourront se tenir l’été prochain. Et c’est rude : pas plus de 5 000 personnes ensemble, assises et distanciées, que ce soit dans une salle ou en plein air. Si la situation s’améliore, la jauge augmentera. Si elle se dégrade, ce sera le contraire, et cela peut aboutir à l’interdiction.

Il faudrait être sacrément courageux pour continuer. Et résoudre mille questions. Les spectateurs devront-ils présenter un test Covid-19 négatif ? Les patrons de festivals pensent à construire des gradins de 10 000 personnes pour en installer la moitié. Sauf que pour les musées, quand ils pourront rouvrir, la nouvelle norme sera de 10 mètres carrés par visiteur, a dit Roselyne Bachelot. Sera-ce plus souple pour un festival ? Pour l’instant il n’est pas question de prime au plein air. On souhaite aussi du plaisir à ceux chargés de vérifier, une fois les lumières tombées et la musique lancée, que 5 000 personnes gardent leur masque pendant le concert et ne dansent pas sur leur siège.

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