Carrefour, principal client, a décidé de ne plus vendre les petits gâteaux fourrés au chocolat. Les salariés s’inquiètent d’un éventuel arrêt de l’activité.

C’est un coup dur pour les salariés de l’usine de la Biscuiterie Nantaise de Vertou. Depuis janvier, les magasins Carrefour ne souhaitent plus vendre de Choco BN, les fameux biscuits fourrés au chocolat. Parvenant difficilement à écouler les paquets à l’unité, le distributeur avait pour habitude de les vendre par deux au prix d’un seul, cependant depuis l’entrée en vigueur de la loi Egalim encadrant, en autres, les pratiques promotionnelles, ce type d’opération n’est plus autorisé. Carrefour a donc opté pour une nouvelle stratégie en retirant de ses rayons «le goûter préféré des enfants», comme le vantait la publicité. À une nuance près: alors qu’il fut envisagé dans un premier temps de supprimer toutes les références sorties des usines BN, Carrefour a accepté de conserver les biscuits fourrés à la confiture, jusqu’en 2020. Charge à BN d’innover entre-temps pour rendre sa production à nouveau séduisante, au moins dans les biscuits au chocolat, explique le distributeur.

La production des BN en diminution

Du côté de l’usine de Vertou, où sont fabriqués les biscuits depuis 1963, la production va donc être revue à la baisse. Selon la direction, contactée par Ouest France , la diminution devrait être de 2000 tonnes par an, mais selon le syndicat CGT elle se chiffrerait à 4000 tonnes. Un mouvement qui ne date cependant pas de cette année. En effet, en 2018 déjà, la biscuiterie avait fabriqué 18.700 tonnes, contre 20.000 en 2016. De plus, selon la CGT, le propriétaire de l’usine, le turc Yildiz Holding, entretiendrait le flou sur la situation et sur ses intentions. L’inquiétude du syndicat est notamment alimentée par le passage de 420 à 364 salariés en 2016 et la vente de la marque Delacre dans le cadre d’un important plan d’économies.

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«À chaque fois que des étrangers visitent l’entreprise, on se demande s’ils viennent pour l’acheter», explique Jérémy Germain, délégué syndical CGT qui affirme également avoir «exercé un droit d’alerte pour obtenir davantage de précisions sur l’avenir et la pérennité de l’usine». Contactée, la direction n’est pour l’heure pas revenue vers nous.

Malgré le sursis accordé par Carrefour en échange d’un travail d’innovation, l’heure est au pessimisme dans les rangs des salariés. «Ce ne sont pas les deux personnes dédiées à la recherche et au développement à Vertou qui pourront changer la donne», commente avec amertume Jérémy Germain.


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