L’épisode de gel pourrait provoquer «au moins 50%» de dégâts en Bourgogne – Le Figaro

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Ce nouvel épisode de gel devrait pousser les viticulteurs à modifier leurs conditions de production.

L’épisode sévère de gel de ces dernières nuits a provoqué «au moins 50%» de dégâts dans les vignes de Bourgogne, selon une première estimation encore très approximative du président de l’interprofession.

«On a au moins 50% de dégâts», a indiqué à l’AFP François Labet, président du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB). «Les vignes les plus en avance, c’est-à-dire le chardonnay (cépage blanc), sont fortement touchées. Le pinot noir (rouge) était plus en retrait au niveau avancement donc il est potentiellement moins touché», a-t-il ajouté. «Ça pourrait être pire que 2016», quand la vigne de la région avait été touchée jusqu’à 70% en fonction des zones. «En 2016, on n’avait qu’un coup de blizzard. Cette fois-ci, on a eu trois nuits de fortes gelées et, la dernière nuit, on avait épuisé nos cartouches de bougies», qui permettent de réchauffer un peu les températures au pied des vignes, explique-t-il.

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«Pire que 2016» selon les Hospices de Beaune

Dans les prestigieuses vignes des Hospices de Beaune (Côte d’Or), on dresse le même constant alarmant. «On constate une ampleur de dégâts assez importante», lâche Ludivine Griveau, régisseuse des 60 ha de vignes des Hospices. «J’ai l’impression que c’est pire que 2016», millésime où la récolte avait été amputée de 35-40% sur les Hospices, évalue-t-elle. «En 2016, le gel avait frappé plus par zone. Cette fois, la vague de froid est tombée sur tout le monde», avertit-elle. On sent du découragement. Il y en a qui en ont marre d’être vigneron», selon Ludivine Griveau, soulignant que le coût moyen de l’installation des bougies est de 2.500 euros l’hectare. «Beaucoup de domaines sont prêts à déployer ces moyens mais quand, en face, on n’a pas de résultat…»

Ce nouvel épisode de gel, qui est loin d’être le premier en Bourgogne, devrait en tout cas pousser les viticulteurs à «une réflexion globale et collective». «On parle du gel en avril et, en juin, on parlera de sécheresse! Il faut tout changer, modifier nos conditions de production et assez vite, et travailler sur des clones de cépage moins précoces», estime Ludivine Griveau.

François Labet, de l’interprofession, appelle lui aussi à une solution plus pérenne. Le régime de calamité agricole, activé par le gouvernement, est ainsi limité car il est «très a posteriori». «Ce qui nous intéresse, c’est l’a priori: il faudrait plutôt s’attaquer au problème que de le résoudre a posteriori».

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