L’Elysée mise sur la députée Laure de La Raudière pour la présidence de l’Arcep

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L'Elysée mise sur la députée Laure de La Raudière pour la présidence de l'Arcep

Qui succèdera à Sébastien Soriano à la présidence de l’Arcep ? La question agitait jusqu’à ce mardi soir le secteur des télécoms, premier concerné par le nouveau jeu de chaises musicales qui se profile rue Gerty-Archimède après le départ du président du régulateur pour l’IGN. De nombreux noms émergeaient depuis peu comme possibles candidats de l’Elysée à la tête du gendarme des télécoms. A ce titre, c’est bien le profil de la députée (Agir) Laure de La Raudière, une spécialiste reconnue du secteur, qui suscitait le plus d’attention.

Avec raison : c’est bien sur cette élue de 55 ans, bien connue des différents acteur des télécoms après avoir réalisé une partie de sa carrière chez France Telecom entre 1990 et 2001, que le président Macron a choisi de miser, sur proposition du Premier ministre Jean Castex. Proche de Bruno Lemaire, cette diplômée de Normale Sup’ et de Télécom Paris s’était engagée en politique en 2007, date à laquelle elle rejoint l’Assemblée nationale en qualité de députée UMP, puis LR, d’Eure-et-Loir. Elle évolue depuis sous la bannière du mouvement de centre-droit Agir, au sein de la majorité présidentielle.

Si elle est candidate à la présidence de l’Arcep et fait figure de grande favorite à la succession de Sébastien Soriano, il reste encore quelques étapes à Laure de La Raudière avant de prendre la tête du gendarme des télécoms. Celle-ci devra en effet être auditionnée par la Commission des Affaires économiques, de l’environnement et du territoire de l’Assemblée nationale – au sein de laquelle elle siège habituellement – ainsi que par la Commission des Affaires économiques Sénat pour voir sa candidature validée.

Une étape qui ne devrait vraisemblablement pas poser de difficulté (et qui permettra certainement d’en savoir davantage sur les orientations que l’élue voudrait donner au régulateur). La candidature de Laure de La Raudière fait en effet d’elle la grande favorite dans la course à la présidence de l’Arcep. S’ils sont nombreux à saluer son expertise et considèrent qu’elle pourrait faire office de successeure idoine à Sébastien Soriano, d’autres se montrent bien plus mitigés.

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Une candidature « surprenante » pour Xavier Niel

A l’image de Xavier Niel, propriétaire de l’opérateur Free et grand nom de la technologie made in France, qui a vivement critiqué la candidature de l’élue. Invité sur le plateau de BFM Business, l’entrepreneur – pourtant réputé proche d’Emmanuel Macron – a reproché à la députée son passé au sein de France Telecom, depuis devenu Orange. « Nommer à la tête d’une autorité indépendante quelqu’un qui a bossé 15 ans chez Orange, cela me paraît assez surprenant », a-t-il estimé lundi soir.

Si le fondateur d’Iliad reconnaît à cette spécialiste du numérique et des télécoms d’être « très compétente, et de connaître bien le secteur », il s’élève toutefois contre le possible conflit d’intérêt que pourrait constituer son arrivée à la tête du régulateur du secteur. Et de dénoncer un « fait du prince » de la part de l’exécutif. Une prise de position tranchée qui pourrait permettre au fondateur d’Iliad, la maison mère de Free, de mettre d’emblée la pression sur les épaules de la possible future présidente de l’Arcep.

Cela alors même que son opérateur Free a beaucoup à jouer au cours des cinq prochaines années. L’opérateur est en effet attendu sur des enjeux de déploiement de ses réseaux fixes et mobiles, et devra batailler pour prolonger de nouveau son accord d’itinérance mobile conclu avec Orange jusqu’au 31 décembre 2022. Autant de dossiers brûlants qui apparaîtront sans aucun doute sur le bureau de la ou du futur-e président-e du gendarme des télécoms.

Reste que la candidature de Laure de La Raudière à la présidence de l’Arcep ne suscite pas que des critiques, loin de là même. Le choix de la députée par l’Elysée a en effet trouvé l’assentiment des opérateurs, qu’ils soient nationaux ou alternatifs, ainsi que de son prédécesseur Sébastien Soriano, qui s’est dit « ravi » de cette nomination lorsque celle-ci a été rendue publique, ce mardi soir. De très bon augure pour la députée d’Eure-et-Loir, qui sera selon toute vraisemblance à tête du régulateur pour les cinq prochaines années d’ici quelques semaines.

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