Le variant britannique retrouvé dans 1% des tests PCR positifs en France: faut-il s’en inquiéter? – BFMTV

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Le chiffre de 1% semble dérisoire, mais les scientifiques rappellent que cette mutation est plus contagieuse, et que le nombre de personnes contaminées peut augmenter très rapidement.

Le variant britannique a été retrouvé dans 1% des tests PCR positifs en France, selon les résultats préliminaires d’une enquête menée sur les dépistages des journées de jeudi et vendredi. Le virologue Bruno Lina qui a coordonné cette étude flash, “me disait hier qu’il trouvait à peu près 1% de variant d’origine anglaise parmi les PCR positives en France”, a affirmé Olivier Véran ce mardi lors d’une audition devant la commission des affaires sociales du Sénat.

Ce chiffre de 1% peut paraître rassurant, car cela signifie que pour le moment, le variant britannique ne représente qu’une très petite portion des personnes contaminées en France. Mais les scientifiques s’inquiètent de sa possible progression exponentielle, avec une remontée très rapide du nombre de cas, comme cela a été observé au Royaume-Uni.

“Je suis très préoccupé par ce variant anglais, plus vite on prend des décisions, plus vite elles seront efficaces”, a déclaré sur France Info mercredi Jean-François Delfraissy, immunologue et président du Conseil scientifique. “Si un certain nombre de mesures ne sont pas prises très rapidement, on va voir une extension du variant anglais. De toute façon, on va avoir une extension du variant anglais”, déclare-t-il.

“Très vraisemblablement une recrudescence du nombre de cas”

“La question n’est pas de le bloquer, on ne peut pas. La question est de le ralentir en prenant un certain nombre de mesures”, explique Jean-François Delfraissy.

L’heure n’est en effet plus à la fermeture des frontières pour empêcher l’arrivée du Covid-19, le variant se répand déjà sur le sol français, et sa nature fait de toute façon qu’il est plus contagieux. “Le temps que l’on se rende compte qu’il y a un problème, ce variant, il a déjà été exporté. Vous le retrouvez aux États-Unis, de la côte Est à la côte Ouest, en Europe et ailleurs dans le monde”, explique sur BFMTV l’épidémiologiste Pascal Crépey. L’enjeu est donc aujourd’hui de ralentir sa propagation.

“On va très vraisemblablement avoir une recrudescence du nombre de cas en France dans les semaines qui viennent”, déclarait lundi sur BFMTV l’épidémiologiste Arnaud Fontanet. L’idée de ces études flash, cartographiant la présence du variant britannique en France, est donc de pouvoir anticiper cette progression, ainsi que les mesures de restriction liées, pour éviter que trop de nouvelles personnes soient contaminées.

“1% aujourd’hui, c’est 50% dans six semaines”

“1% aujourd’hui, c’est 50% dans six semaines, donc il faut essayer de ralentir autant que possible cette progression parce qu’une fois qu’il y aura 50% de variant parmi tous les cas que nous verrons sur le territoire, l’épidémie sera malheureusement devenue beaucoup plus difficilement contrôlable”, continue Pascal Crépey.

Cette mutation grossit de façon exponentielle, d’après les observations faites au Royaume-Uni. Or “une exponentielle quand on regarde au départ, on ne voit absolument rien, ce qui ne veut pas dire qu’il ne se passe rien”, et qu’il ne peut pas y avoir derrière une montée brutale, expliquait ce mercredi sur France Inter Lina Bouadma, réanimatrice à l’hôpital Bichat et membre du Conseil scientifique.

“Est-ce que la semaine prochaine, c’est 4%, ou est-ce que c’est 2%, ou est-ce que c’est toujours 1% ? C’est une notion qui est très importante, car si la semaine prochaine c’est 4%, là ça devient extrêmement grave, parce qu’on voit bien que c’est le début de l’exponentielle”, déclare Lina Bouadma.

Selon elle, certaines zones, qui sont par exemple plus en lien avec le Royaume-Uni, pourraient déjà être plus touchées par le variant actuellement et dans les jours à venir. Olivier Véran notait mardi, selon l’étude flash, “une dispersion territoriale qui fait qu’il n’y a pas de région qui concentrerait de nombreux cas” de la mutation anglaise.

Vaccination et mesures barrières

Puisqu’il semble compliqué d’empêcher sa propagation, pour la limiter au maximum, “il faut absolument continuer toutes les mesures et renforcer toutes les mesures que l’on a actuellement pour ralentir sa diffusion” explique Pascal Crépey. Aujourd’hui, les restaurants, bars et salles de spectacle sont toujours fermées en France, et les gestes barrières restent plus que jamais de mise pour éviter d’être infecté.

Face à cette nouvelle épidémie dans l’épidémie, Jean-François Delfraissy rappelle de son côté que le vaccin Pfizer/BioNTech neutralise la mutation, ce qui assure les personnes déjà vaccinées d’une certaine protection. Pascal Crépey abonde: “accélérer la vaccination, c’est le meilleur moyen de lutter contre cette pandémie actuellement”.

“Il est très probable que grâce à la vaccination et grâce aux différentes mesures qui sont mises en place pour ralentir la diffusion de cette épidémie, la progression du nouveau variant soit plus lente que celle qui a été observée au Royaume-Uni“, continue-t-il, “mais à condition que ces mesures soient prises et que nous réussissions à garder l’épidémie sous contrôle”.

Salomé Vincendon

Salomé Vincendon Journaliste BFMTV

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