Le tribunal administratif suspend la réouverture de quatre musées à Perpignan – Le Figaro

Spread the love
  • Yum

La justice avait été saisie le 8 février par la préfecture des Pyrénées-Orientales, qui a obtenu en référé la suspension des arrêtés municipaux.

Le couperet est tombé. Ce sera une fermeture pour les quatre musées municipaux, rouverts à Perpignan par le maire Rassemblement national Louis Aliot. Le tribunal administratif de Montpellier a statué, lors d’une audience en référé qui s’est tenue lundi 15 février en fin de matinée, déclarant suspendre «l’exécution des arrêtés [de M. Aliot] autorisant l’ouverture du musée des monnaies et médailles Joseph Puig, du muséum d’histoire naturelle, du musée Hyacinthe Rigaud et du musée de la Casa Pairal».

« Les autorités locales, et singulièrement la mairie de Perpignan, sont à même d’évaluer ce qui est dangereux et ce qui ne l’est pas. »

Louis Aliot, lors de son plaidoyer devant le tribunal administratif de Montpellier

La décision du tribunal administratif s’appuie sur le décret gouvernemental du 29 octobre 2020, ordonnant la fermeture, au niveau national, des musées et des lieux culturels. Estimant que le maire ne peut «procéder lui-même» à une telle ouverture, le juge considère, en outre, cette prise de position comme susceptible «de remettre en cause l’appréciation portée par le Premier ministre».

Ce dénouement intervient à la suite du bras de fer entamé entre l’élu d’extrême droite et la préfecture des Pyrénées-Orientales, lundi 8 février. Louis Aliot, estimant la culture «essentielle à la vie des Perpignanais comme de tous les Français», avait signé quatre arrêtés permettant aux musées mis en cause d’accueillir, à nouveau, du public. La décision, effective depuis mardi 9 février, poussé le préfet à saisir, dans la foulée, le tribunal administratif, afin d’en demander sa suspension.

C’est tout de même curieux que le maire ne respecte pas les lois de la République

Roselyne Bachelot, le 10 février

Lors de l’audience, le maire a lui-même plaidé contre l’interdiction d’ouverture des lieux culturels, se fondant sur «l’amélioration des chiffres et de la situation sanitaire». L’édile avait souligné que la région Occitanie, le département des Pyrénées-Orientales et Perpignan ne faisaient «pas partie des zones les plus contaminées» en France. Dans ce contexte, «les autorités locales, et singulièrement la mairie de Perpignan, sont à même d’évaluer ce qui est dangereux et ce qui ne l’est pas», a-t-il assuré, précisant avoir «simplement tenu compte du contexte sanitaire», des «équipements culturels et des voix qui s’élèvent des milieux culturels et des milieux populaires», se positionnant du côté «de ceux qui veulent avoir accès au monde de l’esprit» et non seulement à ce qui est commercial. Une fois le jugement rendu, le maire a exprimé ses regrets sur twitter, dénonçant une «décision qui éloignera encore un temps nos concitoyens durement éprouvés par cette crise sanitaire». «La culture est un besoin essentiel qui ne demande qu’à s’exprimer», a-t-il ajouté.

Flou autour du calendrier

Réagissant à la décision du maire de Perpignan, mercredi 10 février sur le plateau de Télématin, la ministre de la Culture a opposé à la décision de Louis Aliot, le «respect du principe républicain». «C’est tout de même curieux que le maire ne respecte pas les lois de la République et ne s’applique pas les règles à lui-même», a-t-elle réprouvé. Par ailleurs, à nouveau questionnée sur un calendrier pour la réouverture des musées, Roselyne Bachelot bottait en touche, affirmant qu’«il est encore trop tôt pour fixer une date précise» et que cette réouverture sera cantonnée à une décrue continue et des chiffres de contamination stabilisés.

Un flou qui exaspère les acteurs du secteur, où des voix commencent à s’élever, contestant, notamment, la fermeture des lieux culturels alors que la plupart des commerces ou les cultes continuent à fonctionner pendant la pandémie. D’autre part, l’élu RN n’est plus le seul à avoir fait le choix de la réouverture des musées. À Issoudun (Indre), le maire socialiste et vice-président de l’Association des maires de France (AMF), André Laignel, déclarait, vendredi 12 février, avoir pris des arrêtés dans ce sens. «Les musées sont des lieux de culture essentiels (…), des lieux où le risque de contamination est le plus faible (…), où on ne mange pas, ne boit pas, ne fume pas, où l’on est invité à ne pas toucher», faisait-il valoir dans un communiqué. Et d’annoncer, par la même occasion, que le Musée de l’Hospice Saint-Roch accueillerait à nouveau des visiteurs à partir de samedi à 10h.


À VOIR AUSSI – «Il n’y a pas plus de risques qu’ailleurs»: Jordan Bardella défend la réouverture des musées à Perpignan

Leave a Reply

%d bloggers like this: