Le rover Perseverance de la NASA est sur Mars

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Ce jeudi 18 février, la NASA vient d’envoyer un nouveau rover sur le sol martien, il s’agit de Perseverance. Presque 10 ans après que Curiosity ait rejoint le sol de la planète rouge, l’agence spatiale américaine a reproduit l’expérience avec l’ambition de percer les mystères de la vie sur Mars.

Si la mission est en grande partie commandée par la NASA, le CNES (Centre national d’études spatiales) a aussi un rôle important dans cette mission. C’était tout le rôle de l’exposition proposée aujourd’hui à la presse au sein de la cité de l’espace à Toulouse.

Un atterrissage tout en douceur

L’arrivée d’un rover sur Mars est toujours une mission très délicate, il faut en effet que toutes les opérations soient programmées à l’avance, la distance nous séparant de la planète étant trop grande pour que les informations y soient envoyées en direct (le délai est en moyenne de 7 minutes). C’est donc le rover et lui seul qui contrôle son atterrissage, en suivant un protocole des plus stricts afin que les 2,5 milliards de dollars investis dans la mission ne viennent pas s’écraser sur le sol de Mars.

La descente, longue de six minutes, est le moment le plus compliqué de la mission. C’est celui où les ingénieurs de la NASA ne peuvent rien faire, attendant simplement un signal de la part de leur « petit » rover, qui est pourtant plus grand qu’un 4×4.

Finalement ce jeudi soir, si les ingénieurs du centre de contrôle de la NASA étaient des plus stressés à l’amorce de la descente du rover, ce dernier s’est posé en toute douceur sur le sol de Mars. Une mission qui, si les échecs se font de plus en plus rares, n’était pas pour autant gagnée d’avance. « Il faut savoir que dans l’histoire de l’exploration de Mars, une mission sur 2 échoue », explique Baptiste Chide, un des chercheurs du projet Mars 2020.

Trouver des traces de vie sur Mars

Mais pour bien comprendre l’importance de cette mission, et sa valeur scientifique, il faut revenir à la genèse de l’exploration martienne, et aux premiers rovers qui ont rejoint le sol de notre voisine.

En tout, seulement trois appareils de la NASA ont déjà foulé le sol poussiéreux de la planète, apportant tous leur lot de nouveautés scientifiques. Avec la dernière mission en date, « Curiosity » lancée en 2012, l’agence américaine avait ainsi prouvé qu’il était possible que la vie se soit développée sur notre voisine rouge, la mission principale de Perseverance sera maintenant de trouver des traces de cette fameuse vie.

Cette mission, qui touche donc à de grandes questions métaphysiques, doit permettre de mieux comprendre l’histoire de Mars, de la vie, et ainsi de notre planète et de notre évolution en tant qu’Homme. Comme nous l’explique Jean-François Clervoy, un ancien astronaute français « la question est de savoir si la vie existe ou a existé sur Mars, et si c’est le cas, alors elle est d’une banalité sans nom dans l’univers. »

Avec ce rover, la NASA essaye donc de mettre un point final à cette grande question : sommes-nous seuls dans l’univers ?

Si l’agence américaine parvient en effet à trouver des signes de vie sur la planète rouge, qu’ils soient présents ou passés, ce serait une « révolution astronomique aussi importante que Copernic », estime Jean-Baptiste Desbois, le directeur général de la Cité de l’Espace.

tube mission perseverance NASA

Les tubes du rover Perseverance qui vont conserver les échantillons de la mission © NASA

Une mission en partie française

Si la NASA est la grande instigatrice de ce projet, elle n’a pas construit le rover à 100 %. En effet, une partie est française, et il s’agit d’un des instruments les plus importants, la caméra laser, au sommet du robot. Baptisée « Supercam » elle est là pour analyser les roches de Mars, et y chercher des traces de vie.

Juste en dessous de la caméra se trouve un micro, « l’oreille du robot » ce dernier fonctionne de pair avec le laser et ensemble ils permettront d’analyser les roches martiennes et d’étudier leur composition. « Le laser va aller frapper une roche et au moment de l’impact cette dernière va résonner, comme un claquement de doigts, et selon les fréquences de ce son, nous sommes en mesure de savoir de quelle roche il s’agit » explique Agnès Cousin, géologue et astronome au sein de la mission Mars 2020.

Une autre partie du robot, nommée SHERLOC, va être chargée de prendre des échantillons du sol et des roches martiennes. Le bras articulé va venir recueillir des éléments qui seront ensuite stockés pour de longues années dans des tout petits tubes (image ci-dessus) jusqu’à l’arrivée d’une mission de retour d’échantillon, qui viendra les récupérer à l’horizon 2030.

L’inédit de la mission : Ingenuity

La mission Persevrance embarque avec elle de nombreuses nouveautés. Mais parmi toutes ces premières, une attire plus l’œil que les autres, Ingenuity. Véritable vedette de la mission, le petit drone va venir survoler le cratère de Jezero, zone d’atterrissage de Perseverance afin de récolter des informations. Ce sera une grande première dans l’histoire de l’humanité, jamais un objet volant ne s’était encore aventuré dans une autre atmosphère que la nôtre, et la conception de ce petit drone a été un véritable casse-tête pour les ingénieurs de la NASA.

En effet, les lois de portance étant différentes sur Mars, il a fallu complètement repenser la façon de faire voler un engin de cette taille. Il dispose donc de pales beaucoup plus grandes que lui, afin de voler dans une atmosphère bien différente de la nôtre.

mission Perseverance NASA ingenuity

© NASA

L’Homme sur Mars en ligne de mire ?

Si la NASA est dans un calendrier ultra serré pour envisager un retour sur la Lune, l’arrivée de l’Homme sur Mars est une mission encore plus complexe qui demande des compétences qui sont pour le moment loin d’être acquises. Une mission martienne ne peut pas durer moins de trois ans, les fenêtres de vol entre notre planète et sa voisine n’étant ouvertes que tous les deux ans et demi, et ce pour une quinzaine de jours à peine.

Il faut donc utiliser une première fenêtre, voler pendant des mois, environ 6 ou 8, puis attendre une autre fenêtre pour repartir de Mars. Une mission très longue, qui pose la question des ressources. Il est en effet impossible de transporter tout ce dont un équipage aurait besoin pour aller sur Mars et y rester pendant près de 3 ans, il faut donc que les agences spatiales trouvent le moyen de recycler ce qu’ils ont, et de créer un environnement viable pour des astronautes.

En ce sens, la mission Perseverance s’est dotée de MOXIE, un petit appareil qui va avoir pour mission de filtrer et de recycler le dioxyde de carbone présent à 96 % dans l’air martien pour le transformer en oxygène. Si cette mission est un très bon commencement pour amener l’Homme sur Mars, MOXIE n’est pas capable de produire plus d’un centième de l’air nécessaire à une mission habitée. L’objectif de MOXIE est donc de démontrer le bon fonctionnement de cette technologie, pour qu’à l’avenir des systèmes plus conséquents et plus puissants prennent la direction de la planète rouge.

Quoiqu’il en soit, nous sommes encore très loin de voir Matt Damon de faire pousser des pommes de terre sur Mars, en vrai.

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