Le procès en destitution de Donald Trump entre dans sa dernière ligne droite – Le Monde

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Donald Trump, le 6 janvier à Washington.

Son cas est unique dans l’histoire des Etats-Unis. Donald Trump a été acquitté, samedi 13 février, pour la deuxième fois en autant de procédures de destitution. L’ancien président, qui a quitté la Maison Blanche le 20 janvier, était jugé depuis mardi par le Sénat pour « incitation à l’insurrection » après l’assaut de plusieurs de ses partisans sur le Capitole, le 6 janvier.

Les démocrates n’ont pas réussi à obtenir le soutien de dix-sept sénateurs républicains, nécessaire pour une condamnation. Cinquante-sept sénateurs ont voté pour un verdict de culpabilité et 43 contre. La majorité des deux-tiers nécessaire à la condamnation n’a donc pas été atteinte.

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« Il est désormais évident, sans l’ombre d’un doute, que [Donald] Trump a soutenu les actes de la foule hargneuse et il doit donc être condamné. C’est aussi simple que cela », avait lancé lors du réquisitoire de l’accusation, Jamie Raskin, le chef des procureurs démocrates.

« Au moment où nous avions le plus besoin qu’un président nous protège et nous défende, le président Trump nous a, à la place, délibérément trahis. Il a violé son serment » de protéger le pays, a renchéri l’un des neuf démocrates de la Chambre des représentants qui portent l’accusation, David Cicilline. Ces derniers espéraient que M. Trump reconnu coupable, pour qu’il puisse, dans un second temps, être rendu inéligible.

Des habits d’« incitateur-en-chef »

Pendant plus de deux heures, samedi matin, une grande confusion avait régné au Sénat, après un vote surprise autorisant la convocation de témoins, une décision qui aurait pu grandement retarder le verdict. Jamie Raskin avait fait part de sa volonté d’entendre Jaime Herrera Beutler, élue républicaine à la Chambre des représentants.

Cette dernière, qui compte parmi les dix élus du Grand Old Party (sur 211) à avoir voté en faveur de la mise en accusation de Donald Trump le 13 janvier, a rapporté un vif échange entre le chef des républicains à la Chambre, Kevin McCarthy, et M. Trump lors de l’attaque du 6 janvier.

Citant une conversation qui lui a été rapportée, elle a expliqué samedi dans un communiqué que M. McCarthy avait appelé le président pour lui demander d’exhorter publiquement les émeutiers au calme. M. Trump aurait alors affirmé avoir entendu que ces manifestants étaient en réalité des « antifa », un mouvement d’extrême gauche. M. McCarthy lui aurait répondu qu’il s’agissait bien de ses partisans.

« C’est alors, selon M. McCarthy, que le président a dit : Eh bien, Kevin, j’imagine que ces gens sont plus en colère que vous à propos de l’élection.” [remportée par son rival Joe Biden et dont Donald Trump a contesté, sans preuve, les résultats] » Cette « réaction absolument stupéfiante de Trump confirme qu’il n’a rien fait pour aider les personnes présentes ici » au Congrès et sous la menace des violences, avait souligné M. Raskin.

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Mêlant des vidéos choc des violences et des extraits choisis des diatribes présidentielles, les démocrates ont, depuis le début du procès, accusé Donald Trump d’avoir renoncé à son rôle de « commandant-en-chef » pour revêtir des habits d’« incitateur-en-chef ».

Vendredi, les avocats du 45e locataire de la Maison Blanche avaient contre-attaqué dans un argumentaire concis – trois heures – et musclé. Selon eux, l’attaque était « horrible » mais le procès est « injuste » : c’est un acte « de vengeance politique ».

Dégainant à leur tour des vidéos soigneusement éditées, ils ont assuré que le champ lexical combatif de Donald Trump s’inscrivait dans une « rhétorique politique ordinaire », protégée par le Premier amendement de la Constitution, qui garantit la liberté d’expression. Selon la défense, il est « absurde » de lier les violences au discours du 6 janvier, Donald Trump ayant appelé ses partisans à marcher « de manière pacifique et patriote » sur le Capitole.

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« Une décision difficile »

Mitch McConnell au Sénat, le 13 février.

L’annonce, un peu plus tôt dans la journée de samedi, de la décision de l’influent chef de file des sénateurs républicains, Mitch McConnell, de voter l’acquittement avait tué les espoirs démocrates.

« Bien que ce soit une décision difficile, je suis convaincu que les procès en destitution sont un outil essentiellement destiné à écarter » un responsable de ses fonctions, « et que nous ne disposons dès lors pas des compétences requises », avait argué l’élu du Kentucky après avoir laissé planer le doute pendant des semaines.

Dans son message, Mitch McConnell a toutefois bien pris soin de souligner qu’un président pouvait être poursuivi en justice après avoir quitté la Maison Blanche. Le 19 janvier, M. McConnell avait en outre directement mis en cause l’ancien locataire de la Maison Blanche dans l’assaut du Capitole, estimant que ce dernier avait « incité » les assaillants, en les « abreuvant de mensonges » notamment.

Le Monde avec AFP et AP

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