Le point sur le coronavirus : le bilan dépasse les 1 000 morts et le président chinois veut des « mesures fortes » – Le Monde

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Le chiffre et l’image sont hautement symboliques. Le nombre de morts en Chine dus au coronavirus 2019-nCoV a dépassé la barre des mille : l’épidémie a désormais fait 1 016 morts en Chine continentale, selon un bilan officiel publié mardi 11 février.

Les autorités sanitaires ont fait état de 108 nouveaux décès en vingt-quatre heures, le plus lourd bilan quotidien enregistré à ce jour, tandis que les cas confirmés de contamination s’établissaient à plus de 42 000. Parallèlement à cette progression, le président, Xi Jinping, est apparu pour la première fois à la télévision nationale le visage recouvert d’un masque de protection.

Alors que l’épidémie apparue en décembre dans un marché de Wuhan (au centre du pays) a contaminé plus de 42 200 personnes, selon le dernier bilan quotidien, le numéro un chinois s’est rendu lundi dans un quartier résidentiel de Pékin pour assister aux efforts de lutte contre la contagion et visiter un hôpital. A cette occasion, il est apparu avec le visage couvert d’un masque de protection. Il s’est aussi laissé prendre la température de l’avant-bras à l’aide d’un thermomètre électronique, un rituel désormais courant dans le pays à l’entrée des lieux publics.

  • Deux responsables chinois limogés

Le président chinois, Xi Jinping, a appelé à prendre « des mesures plus fortes et décisives pour enrayer résolument la contagion », lors de la visite d’un quartier de Pékin, lundi 10 février.

Le président chinois a évoqué lundi la situation à Wuhan, placée de facto en quarantaine depuis le 23 janvier, ainsi qu’une grande partie de sa province, le Hubei. « L’épidémie au Hubei et à Wuhan reste très grave », a-t-il reconnu, appelant à prendre « des mesures plus fortes et décisives pour enrayer résolument l’élan de la contagion ».

Son gouvernement a déjà pris des mesures radicales en interdisant à quelque 56 millions d’habitants du Hubei de quitter la province. En outre, deux hauts responsables de la province ont été limogés, a annoncé mardi la télévision d’Etat, à la suite des critiques de la population sur leur gestion de la crise.

Zhang Jin, le principal responsable communiste à la commission provinciale de la santé, et Liu Yingzi, la directrice, ont été démis de leurs fonctions sur décision du comité permanent du Parti communiste chinois (PCC) pour le Hubei. Cette décision semble destinée à apaiser l’opinion publique, qui réclamait des têtes après la mort de Li Wenliang. Cet ophtalmologue fait désormais figure de héros national face à des responsables locaux accusés d’avoir cherché à étouffer ses révélations. Un ancien vice-ministre de la commission nationale (ministère) de la santé, Wang Hesheng, remplace les deux responsables limogés.

Le Hubei est au cœur de l’épidémie, loin devant les autres régions de Chine et l’étranger : il concentre 96 % des plus de 1 000 morts enregistrés jusqu’à présent, et 74 % des cas de contamination. Lundi à la télévision, Xi Jinping s’est toutefois voulu rassurant, affirmant que l’impact du virus serait « de courte durée » et appelant à « faire très attention à la question du chômage ».

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  • Les transmissions hors de Chine inquiètent l’OMS

En dehors de la Chine continentale, le virus a tué deux personnes, une aux Philippines et une autre à Hongkong. Plus de 320 cas de contamination ont été confirmés dans une trentaine de pays et territoires. Les ministres européens de la santé se réuniront en urgence jeudi à Bruxelles pour discuter de mesures coordonnées contre l’épidémie.

Un scénario redouté s’est également concrétisé : sans avoir jamais mis les pieds en Chine, un Britannique contaminé par le coronavirus à Singapour l’a ensuite transmis à plusieurs compatriotes lors d’un séjour dans les Alpes en France, avant d’être diagnostiqué en Grande-Bretagne. Il aurait ainsi accidentellement contaminé au moins 11 personnes.

« La détection de ce petit nombre de cas pourrait être l’étincelle qui finira par un plus grand feu » épidémique, s’est alarmé lundi le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus. « Pour l’heure, c’est seulement une étincelle. Notre principal objectif reste le confinement [des foyers de contamination]. Nous appelons tous les pays à utiliser la fenêtre de tir actuelle pour empêcher ce plus grand feu. »

Jusqu’alors, la majorité des contaminations identifiées à l’étranger impliquait des personnes revenues de Wuhan, épicentre de l’épidémie.

  • Pas de nouveaux cas en France, les tests de Haute-Savoie négatifs

Entrée d’un centre où sont pratiqués des tests à Contamines-Montjoie, en Haute-Savoie, lundi 10 février.

« En ce qui concerne la situation en France, il n’y a pas de nouveaux cas ce jour. Nous avons toujours onze cas confirmés dont un cas sévère », a déclaré lundi le directeur général de la santé, le professeur Jérôme Salomon, faisant le point de l’évolution de l’épidémie en France lors d’un point presse.

A propos des six malades hospitalisés à Bordeaux et dans les établissements parisiens Bichat et La Pitié, leur état « est tout à fait satisfaisant », hormis celui d’un patient chinois âgé « toujours en réanimation dans un état critique à Bichat ». Les cinq personnes porteuses du virus aux Contamines-Montjoie (Haute-Savoie) « sont hospitalisées et dans une situation clinique tout à fait rassurante, il n’y a pas d’inquiétude aujourd’hui sur leur état de santé », a-t-il poursuivi.

En Haute-Savoie, ce sont jusqu’ici « 61 personnes qui ont été testées, et 61 personnes ont eu un test négatif », a-t-il ajouté, soulignant qu’à cette date, « il n’y a pas de chaîne de transmission », ce qui est « rassurant pour la population concernée » dans ce département.

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  • Les Etats-Unis envoient du matériel médical au Laos

Les Etats-Unis ont annoncé lundi avoir envoyé du matériel médical au Laos, pays frontalier de la Chine, dans le cadre d’un programme de 100 millions de dollars (environ 90 millions d’euros) destiné à enrayer la propagation du nouveau coronavirus. L’Agence internationale pour le développement (Usaid) a rapporté avoir envoyé 440 paires de lunettes de protection et 1 500 blouses chirurgicales au Laos.

De son côté, le président desEtats-Unis, Donald Trump, s’est voulu rassurant : « D’ici avril, ou au cours du mois d’avril, la chaleur en général tue ce genre de virus, a-t-il déclaré depuis la Maison Blanche. Ce serait une bonne chose. » Une affirmation jugée discutable par les experts, alors que beaucoup d’aspects du virus restent à découvrir.

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