Le plaidoyer pronucléaire d’Emmanuel Macron – Le Monde

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« Moi, j’assume à fond », a martelé M. Macron lors de son entretien à « Brut » à propos du nucléaire.

C’est un sujet sur lequel le président s’exprime rarement, mais sur lequel il n’a pas pris de détours, vendredi 4 décembre, lors de son interview à Brut. « Le nucléaire m’importe. Le nucléaire, c’est de l’emploi et c’est de l’énergie. Je ne suis pas antinucléaire. Je l’ai toujours dit avec beaucoup de force », a assuré Emmanuel Macron. Le président a nié l’existence de toute forme de pression de la part de la filière : « On a cette chance, ne la sacrifions pas, c’est pas du tout un lobby. »

« Nous, on produit une électricité qui est parmi les plus décarbonées au monde, grâce à quoi ? Grâce au nucléaire », a rappelé le président de la République, qui souligne que les centrales nucléaires françaises émettent très peu de CO2. « Moi, j’ai besoin du nucléaire. Si je ferme le nucléaire demain, qu’est-ce que je fais ? Le nucléaire est une énergie décarbonée non intermittente. Je ne peux pas le remplacer du jour au lendemain par du renouvelable. Ceux qui disent ça, c’est faux », a-t-il dit, en visant ici les éoliennes et les panneaux solaires.

Un signal très clair à la filière

Une ligne qui tranche avec celle de la ministre de la transition écologique du gouvernement, Barbara Pompili, militante antinucléaire historique. Elle expliquait par exemple en juillet que le gouvernement travaillait à deux options : « Il faut que les citoyens aient des alternatives viables. Donc aujourd’hui, on étudie d’autres réacteurs qui pourraient être construits, mais on étudie aussi la solution où on arriverait à 100 % de renouvelable. » Le gouvernement a d’ailleurs mandaté le Réseau de transport d’électricité (RTE) et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) pour étudier la possibilité d’un ou plusieurs scénarios sans nucléaire – ou presque – à l’horizon 2050. Le président semble désormais écarter cette option.

Notre interview de Barbara Pompili : « C’est le bon moment pour gagner la bataille écologique »

« Moi j’assume à fond, a martelé M. Macron. Je crois dans l’écologie, je suis pour qu’on soit parmi les champions de la lutte contre réchauffement climatique. Si on veut réussir, ça veut dire qu’on doit être meilleurs encore sur le nucléaire. » Une intervention qui a lieu alors que le gouvernement étudie avec EDF la possibilité de financer la construction de six nouveaux réacteurs EPR de troisième génération, pour un coût d’au moins 46 milliards d’euros. Une décision qui pourrait être prise à la mi-2021, selon le calendrier fixé par le président de la République lui-même. Mais ce calendrier est perturbé par les difficultés de l’EPR de Flamanville, dont le coûteux chantier, commencé en 2007, n’est toujours pas achevé. Ce réacteur ne devrait pas être connecté au réseau avant 2023 – au mieux.

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