Le parquet de Paris ouvre une enquête après la représentation de Danièle Obono en esclave dans « Valeurs actuelles » – Le Monde

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Daniele Obono, en novembre 2017.

Le procureur de Paris, Rémy Heitz, a annoncé, lundi 31 août, l’ouverture d’une enquête préliminaire pour « injures à caractère raciste » après la publication dans l’hebdomadaire Valeurs actuelles d’une « politique-fiction » dépeignant la députée Danièle Obono en esclave.

L’article du magazine ultraconservateur a suscité une vague de condamnations unanimes dans la classe politique, allant jusqu’au président de la République. L’enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), indique M. Heitz dans un communiqué.

Dans ce récit de fiction de sept pages, publié dans le cadre d’une série d’été où des personnalités politiques « voyagent dans les couloirs du temps », la députée La France insoumise (LFI) de Paris, à la peau noire, « expérimente la responsabilité des Africains dans les horreurs de l’esclavage » au XVIIIe siècle, selon la présentation qu’en fait le magazine. Des dessins de Danièle Obono, collier de fer au cou, accompagnent ce « roman de l’été ».

« L’extrême droite, odieuse, bête et cruelle »

Dénonçant « une insulte à [ses] ancêtres, sa famille » et « à la République », Danièle Obono avait déclaré « réfléchir » à porter plainte, samedi soir sur BFM-TV. Cette publication est, selon elle, « une souillure qui ne s’effacera pas », mais surtout « l’aboutissement d’un acharnement médiatique » contre elle. La députée demande « des actes ». « Ça fait trois ans qu’on alerte sur le fait qu’il y a un processus de racialisation, de racisme dans ce pays », a-t-elle ajouté.

Dès vendredi, la députée avait évoqué sur Twitter une « merde raciste dans un torchon ». « L’extrême droite, odieuse, bête et cruelle. Bref, égale à elle-même », avait-elle ajouté. Le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, s’était élevé contre un « harcèlement nauséabond » envers la députée.

Samedi, dans l’après-midi, l’hebdomadaire a publié un communiqué, relayé sur Twitter, présentant ses excuses à la députée. « Si nous contestons fermement les accusations [de racisme] (…), nous avons aussi suffisamment de clairvoyance pour comprendre que Danièle Obono ait pu se sentir personnellement blessée par cette fiction. Nous le regrettons et lui présentons nos excuses. »

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Le Monde

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