Le Mali annonce la libération de la Française Sophie Pétronin et du Malien Soumaïla Cissé – Le Monde

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Sophie Pétronin (photo non datée) et Soumaïla Cissé à Bamako, en août 2018.

La dernière otage française encore détenue dans le monde, Sophie Pétronin, ainsi que Soumaïla Cissé, haute personnalité malienne, présumés aux mains des djihadistes jusqu’alors, ont été libérés, a annoncé jeudi 8 octobre la présidence malienne sur Twitter. Le gouvernement malien a ensuite annoncé dans un communiqué la libération des Italiens Nicola Chiacchio et Pier Luigi Maccalli, un prêtre enlevé au Niger en 2018.

Le président français, Emmanuel Macron, a rapidement exprimé son « immense soulagement » après avoir appris la libération de l’otage française. « Heureux de la savoir libre », le chef de l’Etat « remercie tout particulièrement les autorités maliennes pour cette libération » et « les assure de l’entière volonté de la France de soutenir le Mali dans la lutte qu’il mène avec persévérance contre le terrorisme au Sahel », a annoncé l’Elysée dans un communiqué, sans donner de détails sur les circonstances de cette libération.

Les deux otages étaient détenus dans le nord du Mali par le Jamaat Nosrat al-Islam wal-Mouslimin, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), la principale alliance djihadiste au Sahel liée à Al-Qaida.

Très peu de détails étaient disponibles dans un premier temps sur les circonstances de cette libération annoncée, qui se dessinait depuis le week-end et met fin à une épreuve de près de quatre années pour Mme Pétronin, 75 ans, et de plus de six mois pour M. Cissé, 70 ans. La libération des deux otages italiens n’avait pas été évoquée jusqu’alors. Aucune information n’a non plus été fournie sur l’état de santé des otages libérés.

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Enlevée en 2016

Sophie Pétronin avait été enlevée le 24 décembre 2016 par des hommes armés à Gao (nord du Mali), où elle vivait et dirigeait depuis des années une organisation d’aide à l’enfance. Soumaïla Cissé, pour sa part, deuxième à trois reprises de l’élection présidentielle, avait été enlevé le 25 mars alors qu’il faisait campagne pour les élections législatives dans la région de Tombouctou.

Cette libération parachève une opération dont les dessous demeurent obscurs. Elle a été précédée, depuis dimanche, par la libération de dizaines de djihadistes détenus dans les prisons maliennes ainsi que des déclarations de responsables maliens suscitant l’espoir d’un échange pour que Sophie Pétronin et Soumaïla Cissé retrouvent leurs familles. Mais les autorités maliennes ont, jusqu’à jeudi soir, observé un silence total, les autorités françaises invoquant de leur côté l’exigence d’une totale discrétion.

Depuis sa capture, Mme Pétronin était apparue dans des vidéos diffusées en 2017 et 2018 par le GSIM. La dernière où on la voit autrement qu’en photo, publiée mi-juin 2018, la montrait très fatiguée, le visage émacié, en appelant au président français Emmanuel Macron.

Les images de l’otage n’ont cessé d’alarmer la famille. Les proches se sont mobilisés sans désemparer pour sa libération, pressant le gouvernement français d’accepter de négocier avec les ravisseurs. M. Macron a assuré plusieurs fois que les services français travaillaient à sa libération « sans relâche », mais dans la discrétion.

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Soumaïla Cissé, ancien ministre et chef de l’opposition parlementaire, est quant à lui la personnalité nationale la plus éminente kidnappée au Mali depuis que les rébellions indépendantistes et djihadistes de 2012 ont plongé le pays dans une crise sécuritaire profonde.

La spirale des violences a causé, avec les tensions intercommunautaires, des milliers de morts civils et militaires, malgré le déploiement de forces françaises et internationales, et s’est propagée au Burkina Faso et au Niger voisins. Le sort de M. Cissé a constitué un des cris de ralliement de la contestation de plusieurs mois contre l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta. Ce dernier a fini par être renversé par un putsch le 18 août.

Avec ces libérations, les nouvelles autorités de la transition installée pour 18 mois par les militaires peuvent se prévaloir d’une réussite spectaculaire, même si les détails de l’opération et la part prise par les différents acteurs restent à établir.

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Le Monde avec AFP

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