Le malaise de la police au menu de Beauvau et de l’Elysée cette semaine – Sud Ouest

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L’attaque aux mortiers d’artifice dans la nuit de samedi à dimanche du commissariat de Champigny-sur-Marne, deux jours après que deux policiers en mission en civil ont été blessés, dont un gravement, par balles à Herblay (Val-d’Oise), a semé un vif émoi chez les syndicats.

D’autant plus que ces derniers dénoncent depuis longtemps la multiplication des violences contre les agents.

“Plus personne ne respecte les forces de l’ordre”

En juin, les policiers avaient enchaîné les actions de mobilisation pour faire entendre leur mal-être, en jetant leurs menottes à terre. Ils protestaient contre des déclarations du ministre de l’Intérieur de l’époque, Christophe Castaner, promettant l’impunité zéro pour tout agent convaincu de “soupçons avérés” de racisme. Aussitôt, ils y avaient vu une présomption de culpabilité et un ministre qui ne les soutenait plus. Ils avaient alors réclamé en vain une rencontre avec le chef de l’Etat. 

Le remaniement du gouvernement avec l’arrivée de Gérald Darmanin place Beauvau avait fait baisser la tension… Momentanément, à en croire les appels du syndicat Unité SGP police à la mobilisation dès lundi devant les services de police de l’Hexagone. 

Mais aussi à la lumière des réactions à l’attaque du commissariat et à l’agression d’Herblay. “Il est grand temps que le gouvernement se saisisse des violences commises contre les forces de l’ordre (…) Plus personne ne respecte les forces de l’ordre”, a réagi dimanche Frédéric Lagache, délégué général d’Alliance.

Unité SGP police a pointé du doigt la particularité de Champigny, au coeur d’une cité, avec le “risque de vivre et d’être attaqué jusqu’à la porte du commissariat”. 

Revalorisation des primes et livre blanc

Outre une réponse pénale à chaque agression contre les policiers, les organisations syndicales réclament toutes un doublement de la prime accordée aux “nuiteux” (les fonctionnaires travaillant la nuit) ainsi que du matériel adéquat (gilets, lampes, véhicules etc). La prime est de 100 euros actuellement. 

Au nombre de leurs revendications figurent également une revalorisation de la prime d’officier de police judiciaire, et le règlement du problème des heures supplémentaires qui s’élèveraient selon l’Unsa à 22 millions, ainsi que des mesures sur le déroulement de carrière.

Alors qu’avec le remaniement gouvernemental, il semblait que le livre blanc de la sécurité intérieure serait rangé aux oubliettes, Gérald Darmanin annoncera qu’il sera présenté “en novembre”. La publication de ce travail de longue haleine, lancé par le tandem Christophe Castaner – Laurent Nunez, et objet de longs mois de consultations dans les cénacles sécuritaires, n’a cessé d’être repoussée.

Et avec elle, la perspective d’une réforme structurelle en profondeur de la police nationale, encouragée notamment par Unité-SGP-FO, les officiers du SCSI-CFDT et les commissaires du SCPN. D’ores et déjà, semble exclue une véritable réforme de la préfecture de police de Paris, considérée comme “un État dans l’Etat”. 

La présentation du livre blanc coïncidera avec l’examen à l’Assemblée nationale de la proposition de loi LREM portée par les députés Jean-Michel Fauvergue et Alice Thourot sur le continuum de sécurité. 

Police municipale et mortiers d’artifice

Ce texte, qui sera examiné à partir du 17 novembre par les députés, traite notamment des polices municipales, de l’utilisation des images réalisées par les caméras portatives des forces de l’ordre et du floutage des images des visages des policiers.

Il comportera aussi une disposition visant à interdire la vente au public sur internet des mortiers d’artifice, qui seront considérés comme “des armes par destination”, comme l’a annoncé dimanche M. Darmanin.

Au-delà, le ministre détaillera surtout mardi le budget 2021 et le plan de relance dévolu à son ministère. L’enveloppe au total est de plus d’un milliard d’euros, 40% étant inscrits au budget. La priorité, a expliqué son entourage est le “quotidien des policiers”, c’est-à-dire, leurs conditions de travail, les matériels (informatique, véhicules etc).
S’agissant du plan de relance, le ministre entend obtenir gain de cause dans des appels à projet concernant essentiellement l’immobilier. 

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