Le gouvernement envisage un déconfinement «territorialisé» – Le Figaro

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Olivier Véran veut prendre en compte les disparités locales avant de préciser le calendrier des réouvertures. Dans les départements peu touchés par le virus, les élus locaux pressent l’exécutif.

La gestion territorialisée de l’épidémie refait son apparition à la faveur du prochain déconfinement. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, est « ouvert à l’idée d’une approche territoire par territoire dans la levée des mesures de freinage », comme il y était « favorable lors de leur mise en ­place », a-t-il expliqué mardi au journal Le Télégramme .

En février, le gouvernement avait d’abord opté pour des reconfinements ­locaux (notamment dans les Alpes-Maritimes et dans le Nord) avant de se résoudre à adopter une même règle à l’échelle de tout le pays. Alors que le virus circule encore activement sur le territoire malgré une « décroissance de l’épidémie » depuis « cinq jours », le gouvernement veut déconfiner avec prudence en tenant compte des spécificités locales. La pression des élus est forte.

Récompenser les efforts

Dès le 7 avril dernier, Olivier Véran a été sollicité par le président de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard. Dans un courrier, le socialiste lui a adressé « une offre de service » pour que la Bretagne, « moins touchée par la pandémie de Covid-19 », trace « une voie efficace pour le déconfinement de toute la France » en expérimentant des « protocoles spécifiques ». Grâce au « civisme de ses habitants », Loïg Chesnais-Girard propose une réouverture des cinémas bretons, des théâtres, des terrasses ou l’organisation de concerts.

L’élu devait s’entretenir mardi après-midi avec le ministre de la Santé. L’exécutif n’a pas précisé dans quel cadre le déconfinement territorialisé pourrait être élaboré. Les associations d’élus n’ont pas été contactées. « Il nous faut à tout prix de la visibilité. Une réouverture, ça se prépare », relève la présidente LR de la région Pays de la Loire, Christelle Morançais, qui prône un déconfinement départementalisé.

Philippe Martin, le président PS du conseil départemental du Gers, met en avant le faible taux d’in­cidence de l’épidémie dans son ­territoire. La couverture vaccinale progresse. « Nos efforts considérables doivent être récompensés. Le Gers est un département très civique », met en avant l’ancien ministre, qui est impatient de rouvrir les bars et les restaurants. « Il n’y a pas de raison de ne pas pouvoir visiter une abbaye cistercienne », explique-t-il à l’évocation des lieux culturels. Il l’admet toutefois : « Le Gers n’est pas une île » et dans la Haute-Garonne voisine le virus circule plus intensément.

«Ne pas imposer les mêmes contraintes à tout le monde»

Les délimitations ne sont jamais simples à arrêter et quid des restrictions de circulation entre les ­localités déconfinées et les autres. « Il ne faut pas imposer les mêmes contraintes à tout le monde, surtout dans les territoires où l’épidémie est sous contrôle. Mais un déconfinement territorialisé est plus difficile à gérer qu’un couvre-feu différencié », glisse Philippe Laurent, le maire UDI de Sceaux (Hauts-de-Seine) et secrétaire général de l’Association des maires de France (AMF).

Surtout que dans certains départements, les esprits ne sont pas encore tournés vers la réouverture. « Je vais saisir le cabinet du ministre en disant que dans l’Oise, il faudrait temporiser » le déconfinement, confie Caroline Cayeux, la maire DVD de Beauvais, où le taux d’incidence du virus est encore trop élevé pour espérer le retour rapide à la vie normale.

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