Le Figaro a testé le nouvel iPad Pro, plus musclé et plus polyvalent – Le Figaro

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En imaginant en 2016 une version «pro» de son iPad, Apple avait misé sur des caractéristiques susceptibles d’intéresser en priorité les créatifs. Le grand écran tactile sur lequel on peut écrire au stylet, le processeur musclé à l’intelligence artificielle, le clavier physique en option et, plus récemment, le connecteur USB-C, tout était pensé pour satisfaire les designers, architectes, photographes, musiciens, écrivains, etc.

Seulement voilà: depuis quelque temps, après avoir fait évoluer ses tablettes et ses portables hybrides, Microsoft a réussi à créer une offre concurrente et à retenir l’attention de professionnels de tous les horizons. Pas seulement les cadres et les commerciaux, son public traditionnel, mais aussi des ingénieurs et des créateurs.

Apple devait donc riposter et élargir les usages de son iPad Pro à de nouvelles catégories de spécialistes. C’est la mission confiée à l’iPad Pro 2020, que nous avons testé en avant-première. S’il conserve le même aspect que le modèle précédent, et notamment son superbe écran Retina, il s’illustre aussi par une série d’améliorations pour s’adapter à la fois à un usage bureautique et à diverses activités artistiques.

Un scanner 3D à la baguette

D’abord un processeur plus puissant, équipé de 8 cœurs et d’un réseau de neurone, baptisé A12Z Bionic. L’avantage? Pas seulement accélérer l’ouverture d’applications et les animations vidéo, mais d’abord de venir épauler le système optique de la tablette, qui constitue l’une des grandes nouveautés de ce modèle. Au dos, le bloc des modules photo rappelle celui de l’iPhone 11 Pro. Il se compose de deux objectifs (un grand-angle de 12 mégapixels et un ultra grand angle de 10 mégapixels) mais dispose, en prime, d’un capteur Lidar (Light Detection And Ranging), comparable à ceux utilisés dans les voitures autonomes pour calculer l’éloignement des objets et permettre de les identifier. Le principe s’inspire de celui du radar, sauf que c’est la lumière et non une onde sonore qui est utilisée: en mesurant la réflexion du rayon laser qu’il émet, le capteur va ainsi évaluer la taille et la distance des objets et les dimensions d’un décor.

Des objets de dimension réaliste

Sur l’iPad, en conjonction avec les autres capteurs, le Lidar peut alors créer une représentation 3D de l’environnement et fournir des mesures plus précises, qu’il s’agisse d’obtenir la taille d’une personne ou de placer des objets virtuels dans le monde réel. Le résultat est impressionnant. Alors qu’avec les applications d’aménagement il faut habituellement redimensionner le fauteuil ou l’armoire pioché dans la bibliothèque d’objets pour l’intégrer dans la pièce qu’on vise avec l’appareil photo, ici chaque meuble apparaît instantanément à la bonne taille, sous réserve d’avoir avoir au préalable analysé l’espace à l’aide du smartphone.

Plus précis et plus rapide que le capteur ToF (Time-of-Flight) utilisé sur des modèles d’autres marques, le Lidar offre aussi l’avantage de fonctionner aussi bien en intérieur qu’en extérieur. D’une manière générale, cette technologie permet à l’iPad d’offrir davantage de réalisme aux applications d’aménagement et d’architecture, mais aussi aux jeux et aux applications éducatives qui s’appuient sur la réalité augmentée.

Belles images, beau son

On notera au passage que le Lidar donne plus de relief aux portraits en calculant avec davantage de précision la profondeur de champs. Les deux objectifs permettent de réaliser de belles prises de vues, notamment en ultra grand angle. En revanche, l’appareil photo est dépourvu du mode nuit qui donne d’excellents résultats sur l’iPhone 11 Pro. Dommage. Pour se rattraper, Apple a installé sur la tablette cinq microphones pour améliorer la qualité audio pendant les communications en visiophonie. Et c’est plutôt efficace si l’on en croit les correspondants qui en ont profité. En complément, l’appareil produit un son correct grâce à ses quatre haut-parleurs.

Un petit air d’hybride

Équipé d’un nouveau processeur, l’iPad Pro 2020 est censé rivaliser en puissance avec les ordinateurs portables: «il intègre des technologies avancées jamais proposées jusqu’à présent dans l’informatique mobile», s’est félicité Phil Schiller, vice président chargé du marketing produit d’Apple. Le fait est que cette nouvelle tablette réagit très rapidement à la plupart des opérations et exécute sans broncher les applications les plus exigeantes, y compris les jeux en 3D.

Mais la comparaison n’est pas innocente. Apple cherche en effet à orienter davantage l’iPad vers une utilisation bureautique. Ce qui explique l’arrivée d’un nouveau clavier en option, le Magic Keyboard, qui reprend les recettes de celui du MacBook 16 pouces. Rétroéclairé, équipé d’un trackpad et de flèches de directions, il se comporte comme le clavier d’un ordinateur portable tout en offrant des fonctions adaptées à l’iPad. En prime, il dispose d’une prise USB sur le côté et sa charnière permet de maintenir la tablette en suspension, à l’angle qu’on souhaite, sans qu’elle ait besoin d’être posée. Des idées et un aspect général qui font naturellement penser à la formule des PC hybrides très populaires dans le monde Windows. Prévu pour fin mars, ce clavier sera tout de même vendu 339 euros.

Bilan

Mieux équipé et plus puissant, l’iPad Pro 2020 s’adresse surtout à ceux qui ont des besoins assez spécifiques en matière de réalité augmentée et, à condition d’investir dans le nouveau clavier, à ceux qui cherchent un outil de travail à mi-chemin entre le MacBook et l’iPad. Ces évolutions restent intéressantes mais sembleront assez anecdotiques à la majorité des utilisateurs déjà équipés d’un iPad Pro. Disponible en deux tailles avec différentes options de mémoire, l’iPad Pro 2020 est vendu à partir de 899 euros pour le modèle de 11 pouces et à partir de 1119 euros pour celui de 12,9 pouces.

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