Le dispositif d’activité partielle de longue durée sera maintenu «jusqu’à l’été prochain» – Le Figaro

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Le gouvernement renforce son «bouclier anti-licenciements». Interrogée sur BFM Business, Élisabeth Borne a confirmé que le chômage partiel de longue durée avec un «reste à charge limité à 15% pour l’employeur» (soit 84% du salaire net pour le salarié) allait rester actif pendant un moment encore, afin de limiter les conséquences de moyen terme de l’épidémie sur l’emploi. Ce dispositif sera donc maintenu «sans limite jusqu’au délai qui est prévu pour négocier ces accords d’activité partielle de longue durée, jusqu’à l’été prochain», a-t-elle déclaré. En théorie, les compensations pour les entreprises appliquant l’activité partielle de longue durée devaient aussi baisser début octobre, passant de 85% à 80%. Ce ne sera donc pas le cas.

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Pour rappel, ce système autorise une réduction du temps de travail jusqu’à un maximum de 40% d’heures chômées sous condition d’un accord d’entreprise ou de branche, sur une période de 6 à 24 mois. L’entreprise peut diminuer l’horaire de travail de ses employés, recevant, en contrepartie d’engagements – notamment pour l’emploi – une allocation. Le système est plus robuste que le chômage partiel classique, limité à six mois et dont l’indemnisation passera début octobre de 84 à 72% du net pour le salarié et de 85 à 60% du coût pour les entreprises.

L’activité partielle de longue durée doit permettre aux salariés de profiter du temps non travaillé pour «se former, pour que l’entreprise garde les emplois, les compétences et même renforce ses compétences pour qu’elles soient plus fortes après la crise», a considéré la ministre. Le dispositif «vise à sortir des pratiques qu’on a pu avoir par le passé : quand l’activité d’une entreprise baissait par exemple de 20%, la pratique était de se séparer de 20% des salariés», un choix «évidemment pénalisant pour les salariés et […] aussi pénalisant pour l’entreprise qui est privée de ses ressources humaines et de ses talents au moment où l’activité repart», a-t-elle ajouté.

345 plans de sauvegarde pour l’emploi depuis mars

En outre, les mesures prises par l’exécutif depuis le début de l’été ont un but clair : «tout faire pour éviter un reconfinement général», bénéfique d’un point de vue sanitaire mais catastrophique pour l’économie, a assuré la ministre du Travail. Elle a estimé que les règles du protocole sanitaire en entreprise étaient «contraignantes mais n’empêchent pas de travailler». La pratique du télétravail reste «recommandée, a fortiori dans les zones où le virus circule activement», a-t-elle rappelé.

Commentant l’annonce de suppressions d’emplois chez Auchan, la ministre a nuancé cette mauvaise nouvelle en rappelant que le groupe allait, dans le même temps, créer des emplois. L’entreprise «s’adapte» aux évolutions de son domaine, a-t-elle analysé : «Auchan tire les conséquences» de ces dernières semaines, entraînant des transformations internes. «C’est le début du processus, je compte sur le dialogue social» pour réduire les suppressions, a ajouté Élisabeth Borne.

Au total, depuis mars, il y a eu 345 plans de sauvegarde pour l’emploi (PSE) en France, a annoncé la ministre, à comparer aux 231 sur la même période l’an passé. «Cela représente 50.000 emplois», et l’exécutif compte sur ses différents dispositifs, dont le chômage partiel de longue durée, afin de limiter ces suppressions dans les mois à venir.

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