Le départ du président d’IBM laisse Big Blue et Red Hat dans l’expectative

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Le départ du président d'IBM laisse Big Blue et Red Hat dans l'expectative

Après l’acquisition de Red Hat par IBM pour 34 milliards de dollars en octobre 2019, Jim Whitehurst, alors PDG de Red Hat puis président d’IBM, était attendu au poste de PDG d’IBM. L’histoire a donné tort à cette prémonition après le départ de ce dernier, annoncé en début de semaine.

Les attentes étaient pourtant fondées. Certes, l’ancienne PDG d’IBM, Ginni Rometty, avait qualifié lors de son départ le PDG nouvellement promu, Arvind Krishna, de « bon PDG pour la prochaine ère d’IBM », ce dernier étant « un brillant technologue qui a joué un rôle important dans le développement de nos technologies clés telles que l’intelligence artificielle, le cloud, l’informatique quantique et la blockchain ».

Reste que ces louanges n’ont pas été prises au sérieux par les observateurs du secteur, Arvind Krishna étant considéré comme un PDG intérimaire. Jim Whitehurst, une fois qu’il aurait pris le contrôle d’IBM, prendrait la relève, se disait-on alors. Pourquoi ? Parce que ce dernier a l’image d’un leader dynamique. Ses résultats – d’abord chez Delta en tant que COO, puis en tant que président et CEO de Red Hat – ont été remarquables. Sous la direction de Jim Whitehurst, Red Hat est devenue la première société Linux d’un milliard de dollars. Peu de temps après, Red Hat est devenue la première société Linux valorisée à deux milliards de dollars.

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Le doute règne chez Red Hat

Chez IBM, sous la houlette de ce dernier, le chiffre d’affaires total de 25,1 milliards de dollars d’IBM dans le domaine du cloud a augmenté de 20 % au cours de l’exercice 2020. Une grande partie de cette augmentation est due aux programmes de cloud hybride de Red Hat. Red Hat lui-même a vu ses revenus augmenter de 18 %. Il est clair que Jim Whitehurst a fait des miracles pour les résultats de Big Blue.

Le président d’IBM était également apprécié par les marchés. Jim Whitehurst est largement respecté par les partenaires de Red Hat et les investisseurs, et son départ a suscité des inquiétudes à Wall Street. Depuis que la nouvelle du départ du dirigeant a été annoncée, avant les congés du 4 juillet – la fête nationale américaine – le cours de l’action IBM a chuté de 5 %. Bien qu’à long terme, le marché reste optimiste à l’égard d’IBM, la peur, l’incertitude et le doute règnent à court terme.

Le doute est également de mise du côté de Red Hat. Quand IBM a acquis Red Hat, les employés de Red Hat ont eu peur de perdre leur culture forte et unique. Jim Whitehurst avait tôt fait d’apaiser leurs craintes en leur disant dans un mémo de l’entreprise : « vous m’avez déjà entendu le dire, mais il faut le répéter, Red Hat reste Red Hat. IBM s’engage à préserver l’indépendance, la neutralité, la culture et les partenariats industriels de Red Hat ».

Dans beaucoup d’entreprises, un tel mémo serait rejeté comme étant simplement du vent. Ce n’était pas le cas chez Red Hat. Jim Whitehurst était – et est toujours – respecté par le personnel de Red Hat. Des sources chez Red Hat rapportent désormais que ces craintes sont revenues et ont redoublé d’intensité après le départ du dirigeant. Et ce même si Arvind Krishna, qui a plus de 30 ans d’ancienneté chez IBM, assure que Jim Whitehurst reste en tant que conseiller spécial.

Une intégration compliquée

Le mariage entre IBM et Red Hat n’a jamais été une sinécure. Certes, IBM a été la première grande entreprise technologique à soutenir Linux, et toutes deux ont misé leur avenir sur le cloud hybride. Mais la culture de Big Blue est bureaucratique, et l’entreprise tire ses revenus des services de conseil, des services et du matériel. Red Hat, quant à elle, fonctionne sur la base d’une organisation ouverte et responsabilisée par les employés, avec des logiciels libres comme moteur de revenus.

Au sein d’IBM, certains employés sont heureux du départ de Jim Whitehurst. De leur point de vue, ce dernier avait des préférences pour Red Hat. Et de regretter un manque de synergie entre les services commerciaux des deux entreprises, qui se font parfois concurrence, comme sur la vente d’offres groupées de logiciels en tant que service. Les équipes d’IBM n’apprécient pas non plus la façon dont Red Hat est perçue comme gardant IBM à bout de bras.

« En ce qui concerne IBM et notre stratégie, nous faisons nos propres choses. J’ai mes propres services RH, mon propre service juridique, mon propre directeur financier et mon propre service informatique. Nous n’avons aucun projet de consolidation, même de notre back-office », indiquait d’ailleurs récemment Paul Cormier, PDG de Red Hat. De quoi donner lieu à toutes les hypothèses pour la suite. Et de regretter que Jim Whitehurst n’ait pas embrassé son avenir au sein d’IBM…

Source : ZDNet.com

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