Hervé Gaymard, le 4 juillet 2015 à Suresnes. — JOEL SAGET AFPA 58 ans, Hervé Gaymard, ancien ministre de l’Economie et des Finances sous le deuxième quinquennat de Jacques Chirac, multiplie les activités. En l’occurrence, celle de président du conseil départemental de Savoie, rémunérée 4.033 euros net par mois, et celle de haut fonctionnaire au ministère de l’Economie, pour un montant de 7.596 euros net.

Un cumul parfaitement légal mais qui interroge d’un point de vue moral, comme le souligne l’ex-député socialiste René Dosière, spécialisé dans la transparence de la vie politique, auprès du Parisien, à l’origine de ces révélations : « Ce sont des comportements de ce type qui entretiennent la défiance, voire la colère des contribuables envers les élus. »

Un cumul non connu de ses collaborateurs

Le quotidien précise qu’Hervé Gaymard est aujourd’hui le seul des 96 présidents de conseils départementaux à exercer en parallèle une activité de fonctionnaire. Une double activité dont ses contribuables comme ses collègues de Savoie ne connaissaient pas l’existence, et qu’il a visiblement préféré ne pas indiquer sur sa déclaration d’intérêt, sa dernière datant de 2015.

En outre, de la date de sa réintégration à Bercy, en juin 2017, à septembre 2018, lorsqu’il était en attente d’affectation, Hervé Gaymard a également touché son salaire mensuel de 7.596 euros en plus de ses revenus d’élu. Comment parvient-il à jongler entre ses deux activités ? Bercy assure au Parisien qu’il est « présent », même si plusieurs sources soulignent l’avoir rarement croisé dans les couloirs.

Déjà épinglé pour un appartement payé par l’Etat

A l’époque où il était ministre de l’Economie, en 2005, Hervé Gaymard n’était pas resté bien longtemps à Bercy : il avait démissionné après les révélations du Canard enchaîné sur l’appartement de 600 m2 qu’il occupait avec sa famille, dont le loyer de 14.000 euros était entièrement réglé par l’Etat… alors que le ministre était lui-même propriétaire d’un appartement parisien et assujetti à l’ISF.

Une précision qu’il avait oublié d’apporter, mais qui l’avait obligé à quitter son poste puis à rembourser les loyers réglés par l’Etat.

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