Le corridor passant par l'Irak et la Syrie parachève l'influence iranienne À Téhéran, le 3 février 2019, des religieux iraniens visitent une exposition de matériel militaire lors des cérémonies du 40e anniversaire de la révolution islamique. Vahid Salemi/AP

Le retrait annoncé des troupes américaines de Syrie permet à la république islamique de sanctuariser le territoire iranien.

«Nous n’avons pas besoin d’amour, mais d’intérêts mutuels», répond, tout sourire, Abbas Araghchi, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, lorsqu’on l’interroge sur l’hostilité que suscite l’ingérence du régime de Téhéran dans certains pays arabes du Moyen-Orient. Il s’agit en l’occurrence de l’Irak, où depuis la chute du régime de Saddam Hussein, l’Iran a bâti un vaste réseau de relais d’influences, parmi ses coreligionnaires chiites du Sud, mais aussi chez les Kurdes et les sunnites.

Or à Bagdad comme à Erbil, tous les leaders irakiens ont rejeté le récent appel de Donald Trump à utiliser leur pays pour «surveiller» son ennemi iranien dans le cadre de sa stratégie d’endiguement de la République islamique au Moyen-Orient. Pour maintenir la pression sur Téhéran, Washington demande à Bagdad de ne pas s’approvisionner en énergie iranienne. Mais confronté à une grogne sociale, le premier ministre chiite Adel Abdel-Mahdi paraît peu enclin à céder aux exigences américaines. …