Le compagnon d’une femme retrouvée sous une dalle dans l’Hérault mis en examen pour « meurtre aggravé » – Le Monde

Spread the love
  • Yum
Les enquêteurs ont retrouvé le corps d’Aurélie Vaquier sous une dalle du domicile conjugal à Bédarieux, dans l’Hérault.

Le compagnon d’Aurélie Vaquier, disparue depuis des semaines et dont le corps a été retrouvé mercredi 7 avril sous une dalle du domicile conjugal à Bédarieux (Hérault), a été mis en examen et écroué vendredi pour « meurtre aggravé » car commis sur un conjoint, a annoncé le parquet de Béziers.

Le corps a été identifié comme étant celui d’Aurélie Vaquier grâce à plusieurs éléments, notamment « plusieurs tatouages dont un qui portait le nom d’un ancien chat » de la femme, a précisé le procureur de la République Raphaël Balland lors d’une conférence de presse, ajoutant que des analyses génétiques devaient encore être menées.

Les deux médecins légistes « n’ont pas pu déterminer avec exactitude les causes du décès », a souligné M. Balland, parlant « d’hypothèses qu’il convient de conserver secrètes afin de préserver la suite des investigations ». Aucune lésion visible n’explique de manière évidente le décès, a-t-il poursuivi. Une expertise plus approfondie des organes et de toxicologie tentera de déterminer ultérieurement les causes de la mort.

Dans le « vaste logement » du couple, situé au rez-de-chaussée d’un petit immeuble et comprenant une « surface de travaux », les enquêteurs venus mener une nouvelle perquisition approfondie mercredi ont été « intrigués » par une « petite estrade en pierre et en bois » recouverte de cartons et d’objets, a poursuivi le procureur.

Au-dessous de cette estrade, un sarcophage bétonné a été percé, provoquant une forte réaction des chiens de recherche. Les techniciens en investigation ont ensuite procédé à l’extraction du cadavre d’une femme.

Lire notre enquête : Féminicides, mécanique d’un crime annoncé

Agé de 39 ans, en cours de divorce et père de deux enfants, le compagnon d’Aurélie, qui vivait dans les lieux, a déclaré tout au long de sa garde à vue « qu’il n’y est pour rien », affirmant que la femme de 38 ans a été « tuée par une autre personne », a relaté le procureur. Le suspect, venu de l’Ain à l’été 2020, avait rencontré Aurélie Vaquier peu après. Ils avaient emménagé ensemble dans cette commune de quelque 6 000 habitants du Haut Languedoc en novembre.

Une disparition signalée fin février

La disparition d’Aurélie Vaquier avait été signalée par le compagnon le 23 février auprès de la gendarmerie de Bédarieux, plus de trois semaines après que sa compagne eut, selon lui, donné signe de vie pour la dernière fois, le 28 janvier. Il avait affirmé que son amie avait quitté le domicile conjugal sans aucun moyen de paiement ou de locomotion, avec uniquement son téléphone portable et quelques vêtements. Certains proches avaient ensuite reçu un message étrange évoquant le désir de se retirer pour écrire.

Une enquête avait été ouverte le 23 février par le parquet de Béziers « pour disparition inquiétante », puis le 1er mars une information judiciaire pour « enlèvement et séquestration ». Depuis mercredi, le magistrat instructeur s’était également saisi de faits de meurtre.

Dans le cadre des recherches menées par la gendarmerie, qui avait notamment lancé un appel à témoignages avec la photo de la disparue, plusieurs battues dans la région de Bédarieux et autour du lac du Salagou et une marche avaient été organisées par le cercle familial et amical de cette femme. Ses proches, notamment son frère, disaient ne pas croire à un départ volontaire.

« Ces faits tragiques ont provoqué des débats sur les violences faites aux femmes. Ce crime s’inscrit dans cette ligne, a conclu le procureur de Béziers. Mais ce n’est pas que l’affaire de la justice. Lutter contre les violences faites aux femmes passe nécessairement par une lutte pluridisciplinaire de toute la société. »

Le procureur a cité une étude des dossiers menée à Béziers sur deux ans, montrant que dans 86 % des cas les auteurs de violences conjugales étaient sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants. En 2020, 90 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France.

Lire aussi Les féminicides en France : 90 femmes tuées en 2020, contre 146 en 2019, selon le ministère de la justice

Le Monde avec AFP

Leave a Reply

%d bloggers like this: