Le chômage recule au quatrième trimestre car les restrictions sanitaires ont fortement limité et découragé les recherches d’emploi – Le Monde

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La baisse est davantage liée au renoncement d’une partie des demandeurs d’emploi qu’à une amélioration du marché du travail. Selon les données diffusées, mardi 16 février, par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le taux de chômage en France a fortement reculé, à 8 % au quatrième trimestre 2020 contre 9,1 % au troisième, revenant à son niveau d’avant-crise, mais cette baisse est « en partie en trompe-l’œil » du fait qu’un certain nombre de personnes ont renoncé à chercher un emploi à cause du second confinement.

Pour être chômeur au sens du Bureau international du travail, il faut en effet avoir effectué une démarche de recherche d’emploi au cours des quatre dernières semaines et se déclarer disponible dans les deux semaines pour occuper un emploi. « Ces deux comportements, disponibilité et recherche, ont été plus ou moins affectés par les limitations de circulation des personnes et par la perception que ces dernières avaient des possibilités offertes sur le marché du travail en cette période de crise sanitaire », explique l’Insee.

Certes, la baisse du chômage sur le trimestre provient d’abord de la hausse du taux d’emploi, lequel a continué de se redresser (+ 0,6 point), mais celle-ci « est à relativiser par le repli des heures travaillées par emploi ». L’institut nuance encore :

« Comme au deuxième trimestre, la baisse du chômage est aussi pour partie en trompe-l’œil” : en raison du deuxième confinement, entre le 30 octobre et le 15 décembre, un nombre important de personnes ont basculé vers l’inactivité, faute notamment de pouvoir réaliser des recherches actives d’emploi dans les conditions habituelles. »

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Baisse toutes catégories d’âge confondues

Le taux d’activité a diminué de 0,2 point sur le trimestre, et de 0,4 point sur un an. Chez les 15-24 ans, il a diminué de 0,9 point sur le trimestre, signe qu’un certain nombre d’entre eux ont préféré poursuivre des études ou ont renoncé à chercher un travail. Cet effet du confinement est cependant de moins grande ampleur qu’au deuxième trimestre, où le taux de chômage avait baissé à 7,1 %.

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La baisse du taux de chômage sur le trimestre concerne toutes les catégories d’âge. Elle est plus prononcée pour les 15-24 ans (− 3,6 points) que pour les 25-49 ans (− 1 point) et les 50 ans ou plus (− 0,4 point). Le taux de chômage se retrouve ainsi inférieur à son niveau un an auparavant pour les jeunes (− 1,5 point) et quasiment au même niveau qu’un an avant pour leurs aînés (+ 0,1 point pour les 25-49 ans ; − 0,1 point pour les 50 ans et plus).

Fin janvier, la direction des études au ministère du travail avait signalé une nette hausse du chômage avec près de 3,817 millions de personnes en quête d’un poste qui n’avaient pas du tout travaillé au quatrième trimestre, soit 265 000 de plus par rapport à la même période de 2019.

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Le Monde

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