Le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas est officiellement entré en vigueur – Le Figaro

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Sous pression des États-Unis, le cabinet de sécurité présidé par Benyamin Netanyahou a approuvé jeudi soir l’arrêt des frappes contre les positions du Hamas dans la bande de Gaza.

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé à l’unanimité jeudi soir «l’initiative égyptienne de cessez-le-feu bilatéral sans condition» dans la bande de Gaza, sous la pression des États-Unis. Le Hamas et le Djihad islamique ont confirmé peu après la fin imminente des hostilités. Celle-ci est intervenue dans la nuit de jeudi à vendredi, à 02 heures locales (01 heure du matin à Paris) après dix jours d’affrontements à distance entre Israël et le Hamas. Dans l’heure précédant l’entrée en vigueur de la trêve, des habitants de la bande de Gaza faisaient toujours état de bombardements et des sirènes d’alarme prévenaient toujours des habitants du sud d’Israël de tirs de roquettes. Mais dès 02 heures du matin, des Palestiniens ont célébré l’événement dans les rues du centre de Gaza, mais aussi de villes de la Cisjordanie occupée, tandis que l’armée israélienne ne faisait mention d’aucune nouvelle alerte à la roquette.

Au moins 232 personnes dont 65 enfants ont été tués dans la bande de Gaza et 12 en Israël, dans l’un des échanges les plus meurtriers depuis des années. Israël a effectué des centaines de frappes aériennes et plusieurs frappes terrestres à Gaza, tandis que les combattants palestiniens ont tiré plus de 4.000 roquettes sur le centre et principalement le sud d’Israël depuis lundi 10 mai.

La diplomatie internationale s’est activée en coulisses pour tenter de mettre un terme à cette confrontation militaire meurtrière. Jeudi soir, depuis la Maison Blanche, Joe Biden a estimé que ce cessez-le-feu représentait «une vraie opportunité» d’avancer vers la paix, tout en exprimant sa «sincère reconnaissance» à l’Egypte pour son rôle dans les négociations. Le président américain avait appelé dès mercredi à une «désescalade» immédiate et le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, qui soutient Israël, est arrivé jeudi dans la région ainsi qu’un représentant français du Quai d’Orsay, Christophe Farnaud. La médiation menée par l’Égypte a permis d’aboutir à une trêve entre les deux camps. «Deux délégations égyptiennes seront envoyées à Tel-Aviv et dans les Territoires palestiniens pour surveiller la mise en oeuvre du cessez-le-feu», selon des diplomates égyptiens.

Coup pour coup

Le chef du gouvernement par intérim, qui est en difficulté politique, cherche à se donner une image de vainqueur qu’il ne trouve pas. Il tente, sans y parvenir, d’unir la droite autour de lui pour conserver le pouvoir alors qu’il passe en procès pour des affaires de corruption présumée tandis que le leader de l’opposition, Yair Lapid, cherche, pour l’heure en vain, à former un gouvernement d’alternance. Le cabinet de sécurité israélien semblait, avant sa réunion prévue jeudi soir, désuni sur l’issue à donner à la crise. L’opinion publique israélienne soutien la poursuite de l’opération «Gardiens des murs».

Les États-Unis ont refusé de soutenir un projet français de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU appelant à une cessation des hostilités. Le Hamas tergiverse. Et Israël n’a pas atteint ses buts de guerre. «Ce que nous essayons de faire est précisément ceci: diminuer leurs capacités, leurs moyens terroristes et diminuer leur détermination», a déclaré Benyamin Netanyahou.

Les hostilités ont été déclenchées après les tirs par le Hamas de salves de roquettes vers l’État hébreu, le 10 mai, en solidarité avec les centaines de Palestiniens blessés lors de heurts avec la police israélienne sur l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam, dans le secteur palestinien de Jérusalem occupé par Israël depuis plus de cinquante ans. Depuis dix jours, l’armée israélienne pilonne la bande de Gaza, où la population locale vit de jour et de nuit sous le tonnerre des bombes. Les habitants du sud d’Israël sont sous la menace permanence des roquettes palestiniennes.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des avions de chasse ont frappé les résidences d’au moins six dirigeants du Hamas, selon l’armée israélienne, tandis que le mouvement islamiste a revendiqué jeudi matin des tirs de mortier et de missiles. Une famille palestinienne a été décimée à Deir al-Balah. Eyad Saleha, en fauteuil roulant, Amani, sa femme enceinte, et Nagham, leur fille de 3 ans, ont péri dans un raid israélien. Dans le sud de Gaza, selon des vidéos mises en ligne, des bombes dégageant des gaz tombent et sèment la terreur.

La Cisjordanie en effervescence

La Cisjordanie, tenue par le Fatah, et les Arabes israéliens sont également en effervescence. Des émeutes et des affrontements avec les forces israéliennes ont éclaté dans de nombreuses villes et camps de réfugiés palestiniens de Cisjordanie, faisant plus de 25 morts. Les Arabes israéliens – descendants des Palestiniens restés sur leur terre après la création d’Israël en 1948 – ont manifesté, fermé leur commerce et sont au cœur d’émeutes.

Tsahal a annoncé que l’armée de l’air avait à nouveau visé des tunnels, surnommés le «métro de Gaza», et des stations souterraines de lancement de roquettes. Les Israéliens revendiquent, en vue d’un accord de cessez-le-feu, la restitution des corps de deux soldats de Tsahal ainsi que de deux civils détenus par le Hamas. Ils avaient peu de chance d’être entendus.

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